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L’élève surpasse le «Maître»

Alexander Zverev enlève les grands honneurs en surprenant Roger Federer en deux manches

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On le savait très talentueux à son jeune âge, 20 ans. Alexander Zverev l’a encore prouvé dimanche après-midi en se débarrassant de Roger Federer en 68 petites minutes pour remporter la Coupe Rogers.

L’élève a donc dépassé le « Maître » sur le court central du Stade Uniprix, le privant d’un titre qui lui a toujours échappé en sol montréalais et qu’il convoitait depuis fort longtemps. L’Allemand a triomphé en deux manches de 6-3 et 6-4.

« Je tiens à féliciter Roger pour sa semaine incroyable. Ce qu’il a fait depuis le début de la saison est extraordinaire. J’espère qu’il continuera comme ça encore plusieurs années. Je suis désolé qu’il n’ait pas encore gagné à Montréal. Je suis persuadé qu’il reviendra pour y arriver », a lâché le champion durant la cérémonie après sa victoire.

Encore une fois, Zverev a utilisé son arme de prédilection, sa force. Avec ses 6 pi 6 po, ses balles de feu ont désarçonné le Suisse de 36 ans. Plusieurs de ses six as ont dépassé les 215 km/h alors qu’il a gagné 80 % de ses points à son premier service.

Jour de la marmotte

Federer n’a pu rivaliser avec lui en éprouvant des ennuis en fond de terrain en plus de rater quelques volées au filet. Il n’a pas montré son aplomb habituel.

Il a ainsi vécu le jour de la marmotte. Il y a exactement 10 ans, il s’était incliné devant la jeune étoile Novak Djokovic, la plus jeune raquette à atteindre la finale de la Coupe Rogers.

Ayant perdu une seule manche depuis le début de la semaine, son rival a brisé son service à deux reprises pour signer sa 46e victoire de la saison. Il a mis la main sur le second titre d’un tournoi Masters 1000 après celui de Rome en mai. Il a aussi gagné un deuxième tournoi de suite après sa conquête à Washington la semaine passée.

« Il était en grande forme. Il était motivé et en confiance. J’ai aimé son jeu. Il est doué. Il a bien servi et il a un revers sensationnel que j’adore », a indiqué Federer en lançant des fleurs à son tombeur.

« Je suis vraiment content pour lui de le voir progresser. Il n’a pas fait que lever son jeu au niveau suivant, il l’a grimpé de deux niveaux en gagnant deux Masters 1000. C’est très difficile de les gagner et il en compte deux uniquement cette année, a ensuite fait valoir celui qui en compte 26 en carrière. C’est un bel accomplissement. J’espère qu’il pourra finir la saison en force parce qu’il aura plusieurs opportunités. »

Gros appétit

Avec ce cinquième titre cette saison, Zverev a égalé la récolte du « Maître » en plus de prendre sa revanche sur sa défaite en finale à Halle, en Allemagne, devant ses partisans en juin.

L’Allemand n’avait pas l’intention de baisser les yeux devant un vétéran pouvant devenir le second tennisman le plus titré depuis l’entrée en scène des pros dans les tournois du Grand Chelem en 1968. Il a donc amorcé le duel férocement en attaquant les lignes du court central. En fait, elles auraient besoin d’un coup de pinceau puisqu’il les a pâlies tout au long du match.

Efficace au service

En faisant déplacer l’athlète de 36 ans d’un côté et de l’autre, il a réussi à le briser dès le quatrième jeu, mettant un terme à la manche en 30 minutes tapantes.

« J’ai bien fait au service aujourd’hui [dimanche], a expliqué la raquette de 20 ans. J’ai essayé d’être agressif pour mettre de la pression afin qu’il ne soit pas confortable. Quand Roger est agressif, on n’a pas beaucoup de chance de gagner. Ma stratégie a donc fonctionné. »

Federer a défendu son territoire au second set alors qu’il a offert de spectaculaires échanges de grande qualité au jeunot. Il a sauvé deux balles de bris au troisième jeu, mais il a été incapable de tenir le coup à son tour suivant en possession de la balle. Ce qui a donné le champ libre à Zverev qui a continué de lui envoyer des plombs à plus de 210 km/h.


► Zverev a empoché 894 585 $ américains avec ce titre.

► Les Français Pierre-Hughes Herbert et Nicolas Mahut ont remporté la finale en double devant Rohan Bopanna et Ivan Dodig au bris d’égalité 6-4, 3-6 et 10-6.

 

Statistiques du match

 

Le premier Allemand depuis Boris Becker

Un peu à l’image de Denis Shapovalov, Alexander Zverev a sauvé les meubles à son premier match. Il n’aurait jamais gagné le trophée sans avoir sauvé trois balles de match au bris d’égalité contre Richard Gasquet.

Il a par la suite frôlé la perfection en gagnant huit manches de suite, éliminant de sa route Nick Kyrgios, Kevin Anderson et Shapovalov. Il a finalement ajouté un grand nom à son tableau de chasse, après les Djokovic et Wawrinka cette année : Roger Federer.

« Je ne fais pas encore partie des noms du big four, parce qu’ils ont gagné trop de tournois dans l’histoire. Ils ont aussi gagné tellement de tournois du Grand Chelem. Je suis maintenant numéro 7 au monde. Je monte au classement et j’appartiens au top 10, a signalé le champion. Il est d’ailleurs le premier Allemand à être champion à Montréal depuis Boris Becker en 1986.

Gagner deux titres Masters 1000 en une saison, c’est incroyable, a-t-il ajouté. J’espère pouvoir en gagner autant que les grands l’ont fait durant leur carrière. »

En contrôle de ses émotions

S’il a avoué avoir ressenti de la nervosité en fin de match lors de la finale contre Shapovalov, samedi soir, il a montré un contrôle total de ses émotions face à un grand de la profession. Un rival devant qui il s’était incliné deux fois en trois occasions en carrière.

« Denis est deux ans plus jeune que moi. [...] C’était quelque chose de nouveau. J’étais évidemment nerveux à l’idée de me mesurer à Roger, mais j’étais davantage en contrôle.

Le match contre Denis a été plus serré, a-t-il poursuivi. Il aurait pu aller des deux côtés. Je n’avais pas aussi bien joué que je l’ai fait aujourd’hui [dimanche]. Quand je joue bien, je sens bien la balle, ce qui chasse ma nervosité. Je sais ce que je fais. »

L’Allemand se dirige donc en confiance vers un autre tournoi de la série Masters 1000 à Cincinnati, cette semaine, tournoi après lequel il aura la chance de mettre la patte sur un premier titre majeur aux Internationaux des États-Unis.

« Je joue de l’excellent tennis actuellement. Le meilleur de ma vie, a-t-il assuré. C’est un tableau difficile à Cincinnati. Je ne sais pas si je vais pouvoir me rendre loin parce que je suis un peu fatigué. Le plus vite je remporte ce premier tournoi du Grand Chelem, le mieux ce sera. »