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Migrants: où est Québec solidaire?

Periode des questions
Photo d'archives

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Les événements qui trouvent leur place dans les médias, les inondations, les attentats ou la publication de statistiques sur le français, offrent à la classe politique une occasion de se faire valoir.

De s’insérer avantageusement dans le débat, de faire son petit placement publicitaire.

La présence politique sera encore plus appuyée s’il s’agit d’un « problème ». Ainsi, l’homme ou la femme politique pourra non seulement commenter les événements, mais aussi proposer sa solution, meilleure, il va sans dire, que celles des autres camps.

C’est 100 % normal en démocratie, mais, à l’ère des nouvelles livrées en 140 caractères, en paragraphes de 12 lignes, en clips de deux minutes ou en coups de gueule d’un humoriste, on finit par oublier qu’il n’y a pas de solutions simples à des problèmes complexes.

En faire abstraction augmente les tensions sociales, alimente le cynisme face à la démocratie et encourage la montée des populismes de droite comme de gauche.

Amir Khadir se prononce

Au sujet de la gauche, on a peu entendu Québec solidaire sur la question des migrants. En fait, c’est silence radio du côté de Manon Massé et de Gabriel-Nadeau Dubois. Mais Amir Khadir n’a pu s’empêcher de sauter dans l’arène samedi.

Après avoir séduit l’électorat musulman militant en soutenant des revendications identitaires et religieuses polarisantes, Québec solidaire sera-t-il tenté d’exploiter les tensions créées au sein de la société québécoise par l’arrivée massive des demandeurs d’asile pour réaliser des gains au sein de la communauté haïtienne ?

La question se pose.

Amir Khadir participait à la quatrième édition de Hoodstock à Montréal-Nord, un rassemblement créé par le documentariste et militant « inclusif » Will Prosper qui vise « à mobiliser les forces des communautés culturelles avec des ateliers, des spectacles et des moments d’échange par, avec et pour les membres des communautés noires et racisées ».

Au programme, des ateliers sur le hip-hop, sur la santé, l’histoire des Noirs, mais aussi des débats sur le privilège blanc, le racisme systémique et autres montages idéologiques victimaires importés des universités américaines.

Quiconque a suivi l’actualité du week-end comprend à quel point cette approche est insultante au nord du 45e parallèle.

Une noble communauté

Depuis le début de la crise, les organismes et leaders que se sont donnés les Haïtiens de Montréal – je pense notamment à la Maison d’Haïti et à sa directrice Marjorie Villefranche – jouent un rôle admirable pour fédérer la communauté, aider les nouveaux arrivants et remettre les pendules à l’heure chez les Haïtiens de la diaspora, et ce, sans montrer qui que ce soit du doigt, malgré les ratés dans le système et l’indifférence du fédéral.

Beaucoup moins admirable a été le commentaire, ignoble selon moi, d’Amir Khadir en entrevue à La Presse en marge de Hoodstock : « Je me pose la question. Aurait-on réagi ainsi si ça avait été des Italiens qui avaient frappé à nos portes ? »

Je souhaite de tout mon cœur que les Québécois d’origine haïtienne blessés par le racisme manifesté par certains de leurs concitoyens depuis le début de la « crise » ne se laissent pas séduire par les sirènes de la gauche identitaire et du militantisme antiracisme qui prône encore plus de division.