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Quand les vacances tirent à leur fin

Family mother daughter son having fun on beach.
photo fotolia

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Le moment le plus difficile des vacances, c’est celui où tu réalises qu’elles doivent obligatoirement finir. Ce moment où tu te rends compte que t’avais tellement décroché, que replonger dans la routine devient tout un effort de discipline.

Avec les enfants, on a pas mal lâché prise : dodo tard, flânage en pyjama, remise du bain au lendemain, c’était tellement bon, qu’on y a cru dur comme fer. J’aurais aimé pondre un texte humoristique sur la tournure infernale que mon été a pris, mais non, ce serait mentir : c’était vraiment bien.

Ben oui, y’en a eu des épisodes moches, presqu’à chaque jour, ou les grands tentaient le fratricide; je dirais même que Numéro Deux a développé une couple d’approches subtiles qui mériteraient d’être étudiées par la CIA. Y’a eu des moments d’épuisement, quand le bébé n’avait pas dormi depuis trois nuits ailleurs que sur moi, en pleine canicule mexicaine. Pis la journée de dix heures que j’ai passée à la clinique médicale pour avoir une prescription d’antifongiques pour mon bébé-léopard tacheté de champignons, fait clairement partie du top dix des pires moments de toute ma maternité.

Mais règle générale, si je pense à mes vacances, je peux te dire que quand la température va descendre au dessous de zéro, pis que le vent va me fouetter la face, c’est pas mal juste du beau qui va me revenir, pis continuer à me motiver pour l’an prochain. C’était vraiment super, de voir les enfants développer leurs aptitudes de nage, au fil des jours, sur le bord de la plage. Mini, qui roulait dans les vagues le premier jour, marchait avec aplomb dans le sable mouillé, à la fin. Le Mine était de plus en plus confiant, dans la mer comme dans la piscine. Il en a même oublié quelques fois qu’il n’avait pas pied et n’a pas pris de bouillon! Et de voir le Grand, qui est tellement rendu mature, partir au large avec son masque pis son tuba, c’était vraiment impressionnant.

On les a vus interagir avec les cousins, développer des liens entre eux, témoins privilégiés de cette petite enfance qui file plus vite que les Perséides marquant la fin de l’été. Pour toutes les fois où l’on doute et toutes celles où on remet notre parentalité en question, les vacances nous ont permis de valider que malgré tout, on fait quand même une pas pire job, comme parents.

C’est pas pour rien que le retour à la routine est plus difficile que d’habitude, d’ailleurs. Le Grand Loup entre en première année, Le Mine commence la maternelle quatre ans et Tit Bébé va débuter sous peu la garderie. Avec mon chum qui a repris le boulot, on a recommencé à courir après notre temps, le soir. On a intuitivement remis la routine en place, pour préparer les prochaines semaines. J’te dis que c’est pas naturel, de recommencer à aller au lit à huit heures, quand t’as passé ton été à fêter et à manger tard! Les tataouinages pour sortir vingt mille fois du lit avant de faire dodo sont de retour, escortés par la perte de patience de maman et papa. Pis c’est pas trop jojo, d’aller faire les commissions, au lieu de partir à la découverte d’un nouveau coin de pays, le samedi matin!

Le soccer va finir bientôt, la piscine va fermer, les jeux d’eau vont s’éteindre, pour la saison froide. On va faire plus de maison, et laisser de la place aux devoirs du grand. C’est une dynamique nouvelle, qui va prendre le dessus, pis ça va prendre une bonne adaptation, pour se préparer à l’hibernation, mais j’ai pas envie d’être rabougrie.

J’ai envie de voir l’été qui se termine comme une opportunité qu’on a saisie, les bras grands ouverts, de recharger nos batteries pis de s’enraciner un peu plus fort. J’ai envie de croire que malgré son besoin d’indépendance, mon grand a vu combien nous sommes fiers de le voir déployer ses ailes; que même s’il n’est plus notre bébé, le Mine peut compter sur nous et que le p’tit dernier, notre « bébé familial », a toute une gang qui court après lui, pour pas qu’il tombe, dans les jeux du parc.

J’espère que quand les feuilles vont tomber et que le soleil va venir qu’à nous manquer, pis que la routine va commencer à peser lourd sur nos épaules, on va arriver à puiser dans notre réserve de p’tits souvenirs heureux, pour relever les épaules et traverser l’année qui s’annonce chargée pour notre famille. Jusqu’aux prochaines vacances!