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Le monde est stone

J’ai été profondément bouleversée par la beauté des acrobaties, des arrangements, des interprétations...

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Vendredi, je suis allée à Trois-Rivières pour l’avant-dernière représentation de Stone, le spectacle hommage à Luc Plamondon du Cirque du Soleil.

J’ai été profondément bouleversée par la beauté des acrobaties, des arrangements, des interprétations (surtout Safia Nolin dans Le blues du businessman) et très touchée que Luc Plamondon, présent ce soir-là, ait droit à une ovation debout.

Mais savez-vous ce qui m’a le plus touchée ? C’est de voir à quel point une œuvre culturelle pouvait rassembler autant de gens et provoquer autant d’enthousiasme et, disons-le, de fierté. Ça en dit long sur le pouvoir de l’art.

NE TUONS PAS LA BEAUTÉ DU MONDE

Dire que les spectacles du Cirque sont une manne pour Trois-Rivières, c’est un euphémisme. J’ai essayé pendant des jours de trouver un hôtel en ville pour aller voir le spectacle : mission impossible, tout était complet pendant des semaines. J’ai obtenu de peine et de misère une réservation au Buck, ce bistro fabuleux qui est envahi par les amateurs de musique chaque été pendant les spectacles hommage du Cirque.

Je me suis même laissé dire que pendant le Grand Prix de Trois-Rivières, le resto devait refuser du monde parce que toutes les tables étaient prises par des clients qui s’en allaient voir Stone !

Faut le faire : les amateurs de tounes de Plamondon qui détrônent les amateurs des vroum vroum de voitures ! L’art peut être un pôle d’attraction aussi puissant que la carrosserie et la vitesse.

Le spectacle Stone, qui a pris fin samedi, n’était présenté que pendant un mois. Imaginez si, à l’avenir, on prolongeait le nombre de représentations, ce que ça signifierait pour tous les commerçants de Trois-Rivières. Parce que tout ce beau monde, qui vient des quatre coins du Québec pour entendre

Le parc Belmont, mange, boit ou consomme pour des milliers de dollars dans les boutiques plus « tripantes » les unes que les autres de Trois-Rivières. Que ce soit les bonbons du Magasin Général, les cafés du Marché Notre-Dame ou les chocolats de Petit B.

S’il y a encore des gens qui doutent que l’art puisse avoir de réelles retombées économiques dans une ville, qu’ils aillent faire un tour à Trois-Riviè­res. Ils verront que quand on mise sur la culture, sur l’art, on peut mettre le nom d’une ville sur une carte et la rendre incontournable.

LE CIRQUE D’HARMONIUM ?

Qui ai-je croisé lors du spectacle de vendredi? Serge Fiori, Louis Valois et Monique Fauteux, de la formation originale d’Harmonium, invités par les organisateurs. Tiens, tiens... Est-ce que l’année prochaine, le spectacle hommage du Cirque du Soleil sera consacré à ce groupe phare, après les hommages à Beau Dommage, Robert Charlebois et Luc Plamondon ?

Il me semble que le rock progressif d’Harmonium se marierait parfaitement avec l’atmosphère planante du Cirque.

Des trapézistes qui nous feraient monter dans les nuages, il me semble que ça fonctionnerait. Vous vous souvenez de L’exil sur L’heptade ? « C’est fragile de marcher sur un fil, C’est tragique finir dans un cirque, C’est mortel suivre un carrousel, Bien accroché à nos parapluies Y’en a qui marchent, d’autres qui s’ennuient, C’est juste en tombant qu’on partage le même cri. »

Harmonium mériterait vraiment un hommage du Cirque du Soleil parce que ce n’est pas « un groupe parmi tant d’autres... ».