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Une belle surprise estivale à la télé

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Comme chaque été, la télévision et la radio nous réservent des surprises, mais il est plutôt rare qu’elles nous enchantent. La plus belle surprise de l’été qui achève est venue de Télé-Québec. Ce n’est pas un hasard si Télé-Québec a fait mouche encore une fois avec une émission estivale.

Les plus âgés se souviendront de l’excellente émission de variétés Station soleil qu’animait Jean-Pierre Ferland avec sa désinvolture habituelle. Quelques années plus tard, Beau et chaud ouvrait la porte de l’animation à Normand Brathwaite. Normand y a trouvé une manière différente d’animer, qu’il a gardée avec Belle et Bum, dont le succès ne se dément pas depuis 2003.

Grâce à l’inventivité de Marie-France Bazzo, au curieux Christian Bégin et à l’ancienne église Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours, Y’a du monde à messe est la plus belle découverte de l’été. Voilà un talk-show qui console des Échangistes et autres émissions où le verbiage incessant finit par taper sur les nerfs comme le grésillement des grillons.

LE PIVOT, C’EST L’ANIMATEUR

Quel que soit le concept ou le décor, quels que soient les à-côtés (comme le confessionnal et les choristes de Y’a du monde à messe...), un talk-show n’existe que par son animateur. C’est sans doute parce qu’il ne se voit pas comme un animateur qu’on prend tant de plaisir à regarder une émission lorsque Bégin est à la barre.

Bégin, c’est une drôle de bibitte. C’est un faux modeste et un faux timide, un faux familier et un faux désinvolte, un faux sceptique et un faux libertin, un faux spontané et un faux irrévérencieux. Paradoxe tout à fait déconcertant, ces faux airs qu’il arbore plus ou moins consciemment font de lui un animateur authentique et attachant.

Il y a du Laurent Ruquier chez Bégin. Il est d’ailleurs dramaturge comme l’animateur d’On n’est pas couché. Coïncidence, les deux ont exactement le même âge, à deux semaines près. Bégin est un Ruquier moins disert et moins nerveux, mais tout aussi intelligent et vif d’esprit.

L’ÉTÉ DE LA RADIO

Contrairement à la télé, qui endosse une tenue d’été différente de celle de la saison régulière, la radio conserve la plupart de ses émissions, mais avec des équipes de substitution.

Il y a des vedettes irremplaçables. Paul Arcand fait partie de celles-là. Il y en a d’autres dont on croyait qu’on allait s’ennuyer, mais qui sont remplacées de façon si adéquate qu’on finit par les oublier. Maxime Coutié a réussi le tour de force de me faire presque oublier Annie Desrochers, dont la voix chaleureuse et la vivacité sont prodigieuses.

Comment ne pas avoir songé à Coutié quand est venu le temps de faire chausser les grandes bottes de René Homier-Roy à l’émission du matin de la SRC ? On aurait pu songer aussi à Patrick Masbourian, qui donne à Gravel le matin un ton dont on s’ennuie ensuite toute la saison froide.

Pour un deuxième été, Marie-Claude Lavallée a occupé avec bonheur le micro de Paul Houde au 98,5. Le midi, même s’il n’a ni la verve ni, surtout, le parti pris de Benoît Dutrizac, Mathieu Beaumont n’a pas à rougir de ses six semaines de remplacement. Au tour de Bernard Drainville de faire oublier le franc-tireur. L’ancien politicien, que j’écoute depuis une semaine, a quelques croûtes à manger.

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

En arrivant au Ciel, Jerry Lewis a tout de suite retrouvé Dean Martin au bar !