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À toi, l'éducatrice qui a guidé mon enfant jusqu'à l'école

à toi, l'éducatrice qui a su stimuler mes enfants
http://blog.creationdln.ca/garderie/comment-attirer-les-parents-dans-ma-garderie--563.html

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Je me rappelle la première fois que je t’ai laissé Numéro Deux. Il hurlait sa vie, du haut de ses six intenses mois. J’étais cernée jusqu’au nombril. J’avais besoin de repos, c’était vital.

 

Tu l’as pris dans tes bras, son grand frère accroché à tes baskets, pis tu m’as dit :

-C’est bon, va te reposer. Ça va durer deux minutes, tu vas voir.

Je me doute bien que ça a duré plus que deux minutes. Mais à mon retour, mon bébé était bien et calme, dans tes bras.

Au fil des mois, je te l’ai laissé plus longtemps, plus souvent. Chaque étape était ardue, parce que mon coco, le changement, c’est pas trop sa tasse de thé. Mais à chaque fois, tu savais me rassurer et quand j’arrivais à la garderie, il apprenait tranquillement, pas vite, à s’ouvrir à l’autre, mon petit dépendant d’amour.

Mardi prochain, mon Quatrans et demie va entrer à l’école. Il s’en va à la maternelle et si la boule de fureur que tu as connue le premier jour s’est transformée en humain caractériel mais totalement fonctionnel, c’est beaucoup grâce à toi.

Fait que j’ai envie de te dire merci, à l’aube de son autonomie, d’avoir su faire preuve de tellement de patience envers mon enfant à besoins intenses. Je me doute qu’il a dû te confronter, toi aussi, aux limites de ta zénitude, mais tu as su garder tes esprits, même quand ses cris se faisaient plus stridents que jamais.

Merci, ma chère, d’avoir été le prolongement de maman, pour mon grand si dépendant.

Merci d’avoir pris ma relève quand je devais aller travailler. Tu lui as servi d’ancrage, alors qu’il devait apprendre à vivre, ailleurs que dans mon dos ou sur ma hanche et tu l’as guidé pour qu’il apprenne enfin à faire confiance aux autres.

Merci d’avoir su ME rassurer, quand j’avais des doutes quant à son développement. Je sais que tu as travaillé fort, toi aussi, pour lui faire pratiquer ses mots, quand il ne parlait presque pas. C’est à tes côtés, qu’il a appris à maîtriser ses ciseaux et à faire des œuvres d’art qui l’ont tellement aidé à bâtir son estime de soi.

Merci d’avoir été là, quand je n’osais pas trop franchir le pas pour les transitions. « Amène-moi des bobettes, demain, il est prêt. », que tu m’as dit. Et c’était bien vrai. Moi j’attendais la semaine des quatre jeudis pour oser. Même chose pour les purées, je pense que j’aurais pu continuer jusqu’à sa majorité, si tu m’avais pas arrêtée!

Merci de ne pas me l’avoir dit, quand il a franchi des étapes importantes en mon absence. Je le sais, tsé, que c’est auprès de toi qu’il a marché la première fois. Son grand frère me l’a dit! Mais tu as été assez aimante pour me laisser croire qu’il m’avait attendue pour s’élancer. Et je t’en suis reconnaissante.

Je te remercie, aussi, de ces beaux repas que tu lui as mitonnés, au cours des quatre dernières années. Ton pâté chinois restera à jamais le seul que mes enfants acceptent de manger!

Je sais que l’effervescence de la nouveauté qui arrive à grand pas, avec le début de la vie scolaire, te tasse un peu dans le coin. J’imagine que tu dois avoir un peu le cœur gros, derrière ton sourire, de voir partir tous ces minis que tu as aidés à grandir déployer leurs ailes avec fébrilité.

J’imagine que malgré la fierté de les avoir menés à cette étape, ça doit être un peu triste de les voir passer ta porte, une dernière fois, avec tellement d’enthousiasme qu’ils ne se retournent pas pour un dernier câlin.

Je ne doute pas qu’ils te manqueront, ces cocos qui te quittent. Même avec leurs défauts, même si la dernière journée avec toi ne se sera assurément pas passée sans anicroche.

Mais comme la figure maternelle que tu as toujours été pour eux, tu te tiendras fière et émotive dans le cadre de porte, quand ils quitteront, un à un, pour te laisser avec une nouvelle fournée de p’tits humains à câliner.

Encore une fois, merci à toi, l’éducatrice qui a pris soin de mon Minou toutes ces années. Dans quelques jours c’est un plus grand humain qui fera son entrée dans le monde des étudiants et lorsque je tiendrai sa main pour (juste un peu) le rassurer, j’aurai une petite pensée pour toi, sa deuxième maman.