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Crise du fentanyl: les médecins s’impatientent

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QUÉBEC | Avec l’arrivée de la crise du fentanyl au Québec, les médecins s’impatientent et pressent le gouvernement d’agir pour faire débloquer deux demandes qui leur permettraient de mieux contrôler la circulation d’opioïdes.

Le Collège des médecins (CMQ) demande depuis plusieurs mois au gouvernement d’avoir accès aux données des prescriptions des médecins afin de rappeler à l’ordre les docteurs et les pharmaciens déviants qui prescrivent trop d’opioïdes, dont le fentanyl.

« Ça nous permettrait d’avoir un programme de surveillance plus serré », explique le président du CMQ, le Dr Charles Bernard.

Ces données sur les médecins existent, mais la Loi d’accès à l’information empêche le CMQ de les consulter. Des changements législatifs doivent donc être faits.

Le Collège a affirmé au Journal avoir reçu, ces derniers jours, l’assurance du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, que le dossier était sur le point de « débloquer ».

Ailleurs au pays

Le gouvernement n’a pas voulu confirmer. L’attachée du ministre de la Santé, Julie White, a indiqué que la question relevait de la ministre de l’Accès à l’information, Rita de Santis.

« Les travaux avancent bien et nous ferons les annonces au moment opportun », s’est contentée de répondre Laurence Tôth, l’attachée de Mme de Santis.

Les médecins de plusieurs autres provinces au pays ont déjà accès à ces informations.

La deuxième demande vient de la Fédération des médecins spécialistes du Québec qui juge qu’il est prioritaire de régler la question de la prescription électronique. « C’est l’enjeu numéro un, ce qui presse, ce qui est le plus urgent », avance la présidente, Diane Francoeur.

La prescription électronique permettrait de mieux contrôler des médicaments, d’assurer un meilleur suivi auprès du patient en plus de diminuer l’alimentation du marché noir.

« Lacunes »

« Si on est capable de voir séance tenante dans un dossier qu’un patient a déjà eu cinq prescriptions de Dilaudid, on ne va pas en prescrire une sixième. Mais pour ça, il faut avoir accès », poursuit-elle.

À l’heure actuelle, le système de santé peut compter sur différents outils virtuels. Mais ceux-ci contiennent plusieurs lacunes et ne sont pas liés les uns aux autres, dénonce la Dre Francoeur. Plus tôt cette semaine, elle a ainsi fait part de ses inquiétudes à la ministre fédérale de la Santé.

Jane Philpott a assuré qu'elle effectuerait des vérifications sur cette affaire. Le ministre Barrette a pour objectif d’avoir un dossier centralisé.

« C’est un rêve pour tout le monde. Sauf qu’on voudrait que ça arrive avant 2058 », termine la Dre Francoeur.