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Les demandeurs d’asile moins nombreux à la frontière

Le président du syndicat des douaniers parle de 900 personnes par semaine

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Photo Martin Alarie On compte environ 550 demandeurs d’asile hébergés à Saint-Bernard-de-Lacolle contre 1200 migrants la semaine dernière.

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Le nombre de demandeurs d’asile qui traversent de manière irrégulière à la frontière a diminué de moitié depuis une semaine.

« On parle de 120 à 125 demandeurs par jour, à l’heure actuelle, indique le président du syndicat des douaniers, Jean-Pierre Fortin. Mais ce n’est pas rien. Ça fait tout de même près de 900 personnes par semaine. »

Jusqu’à 500 migrants ont traversé la frontière certains jours, au début du mois d’août. Le nombre est passé de 200 à 350 la semaine dernière, à 150 et 140 en début de semaine.

Climat instable

Le président américain Donald Trump menace depuis plusieurs mois de retirer aux Haïtiens leur statut de protection temporaire octroyé par Obama, après le tremblement de terre de 2010 en Haïti.

« Le climat du côté américain est encore très instable. On pourrait voir le nombre de demandeurs d’asile augmenter de nouveau au cours des prochaines semaines », pense M. Fortin, qui considère que les effectifs aux douanes ne sont toujours pas suffisants.

Plus de 8000 migrants sont arrivés dans la province depuis le début du mois de juin.

Québec a annoncé jeudi qu’il commencera à distribuer des chèques d’aide sociale aux demandeurs d’asile, du 30 août au 1er septembre, au Palais des congrès de Montréal.

Le ministre de la Solidarité sociale, François Blais, évalue à 2,5 M $ la somme mensuelle qui sera octroyée aux 4000 migrants qui ont droit à l’aide jusqu’à maintenant. Le montant est le même que pour n’importe quel autre bénéficiaire au Québec, soit 628 $ par mois pour une personne seule et 1189 $ pour une famille de deux adultes et deux enfants.

<b>François Blais</b></br>
<i>ministre, Solidarité sociale</i>
Photo Martin Alarie
François Blais
ministre, Solidarité sociale

Évaluation

« Un demandeur d’asile n’a pas automatiquement le droit à l’aide sociale. On doit évaluer sa situation financière, on fait un test de revenu et il est possible qu’on lui donne partiellement ou complètement le droit à l’aide sociale », indique M. Blais.

Ces migrants n’ont pas d’autre choix que de recourir à l’aide sociale puisqu’il leur est interdit de travailler. En temps normal, les délais sont de six semaines pour obtenir un permis de travail après avoir commencé les démarches de demande d’asile.

Actuellement, l’attente pourrait être de six mois.

Le premier ministre Justin Trudeau n’écarte pas l’idée d’octroyer des permis de travail temporaires aux migrants en attente de l’acceptation de leur demande d’asile.

L’opposition à Québec appuie le gouvernement, mais critique les longs délais.

« On ne les laissera pas crever de faim. Ils sont chez nous, donc on va leur donner de quoi survivre », résume la députée du Parti québécois, Agnès Maltais.

« On n’a pas d’autre choix que de s’occuper de ces personnes-là. Par contre, là où on a un choix, c’est de traiter leurs dossiers plus rapidement », lance le chef de la CAQ, François Legault.

La Gendarmerie royale du Canada n’a pas répondu aux questions du Journal et l’Agence des services frontaliers du Canada n’a pas rendu notre appel.

— Avec la collaboration de Sophie Côté et Pascal Dugas-Bourdon, Le Journal de Québec et l’Agence QMI