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Le rodéo urbain ne fait pas sauter les Montréalais

La première de l’événement s’est déroulée jeudi dans une certaine indifférence

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Les cowboys et cowgirls venus d’ailleurs étaient plus nombreux que les Montréalais curieux jeudi pour le coup d’envoi du premier rodéo urbain dans le Vieux-Port.

Entre le kiosque de lancer de fer à cheval et celui de rodéo mécanique, la foule, modeste, était surtout composée de passionnés de l’univers western.

Jonathan Martin avait sorti pour l’occasion son plus beau chapeau de cowboy et la chemise assortie.

« Moi j’aime le rodéo pour l’adrénaline et les sauts », s’enthousiasmait le jeune homme de 28 ans.

Comme lui, son amie Stéphanie Beaulieu était venue de Lavaltrie, dans Lanaudière, avec tout de même quelques réserves sur la pratique.

« Quand ils courent après la vachette pour l’attraper au lasso, ça me dérange un peu, soulignait-elle d’un air gêné. Ma sœur faisait de la course de barils et j’en ai vu souvent donc je me concentre plus sur les cavaliers et leur habileté. »

Un peu plus loin, Marco Fréchette, sa femme Ève et leurs deux enfants prenaient le temps d’apprécier le moment, assis sur un banc. Ils avaient fait le déplacement depuis Saint-Jean-sur-Richelieu, en Montérégie, pour retrouver ici « l’esprit country ».

« On va voir le rodéo ce soir [jeudi], mais on vient surtout pour l’atmosphère et l’accueil des gens, expliquait Ève Fréchette, le sourire aux lèvres. On a déjà été dans ce genre de manifestations et on s’y sent toujours un peu en famille. »

Cruauté

Mais à Montréal, la grande famille du rodéo ne fait pas l’unanimité.

À quelques mètres de l’événement, les militants des associations pour la cause animale Kara et Association Terrien avaient sorti leurs pancartes.

« Le rodéo terrifie les animaux » était le message que voulait faire passer la quarantaine de protestataires placés de chaque côté de l’entrée du quai Jacques-Cartier.

« Beaucoup de gens pensent que c’est une activité familiale, mais ce qu’ils vont voir c’est un animal en état de panique, déplorait la porte-parole de ces militants, Geneviève Goizioux. Nous sommes en 2017, on peut s’amuser autrement qu’en faisant souffrir des animaux. »

Face à ces arguments, le producteur de l’événement, Maxime Lefebvre, restait droit dans ses bottes texanes.

« Plutôt que de manifester devant, ils feraient mieux de venir nous voir, lançait-il amusé. Nous n’avons rien à cacher et nous avons beaucoup de respect pour nos bêtes. »

Indifférence

Mais plus qu’à l’hostilité des Montréalais, le rodéo urbain semble se heurter à leur indifférence. La plupart des passants croisés jeudi n’avaient pas eu connaissance de l’événement et ne semblaient pas enthousiasmés par l’idée.

Le producteur Maxime Lefebvre reconnaissait n’avoir vendu que 8000 billets en prévente sur une possibilité de 18 000 pour les quatre journées que durera l’événement.

« Dans l’univers rodéo, on vend en général 10 fois plus de billets sur place que de préventes, ajoutait-il immédiatement. Si l’on respecte ce ratio, on va déborder. »

En soirée, à l’heure du rodéo, les estrades étaient pleines.

Le rodéo urbain

  • Budget : 1,5 M$
  • 125 cowboys
  • 100 chevaux
  • 50 taureaux

Un cowboy amoureux des taureaux

Sylvain Champagne a monté son premier taureau à seulement 17 ans.
Photo camille garnier
Sylvain Champagne a monté son premier taureau à seulement 17 ans.

C’est par passion des taureaux qu’un cowboy venu du Centre-du-Québec s’adonne au rodéo depuis 20 ans.

« Ceux qui disent que le rodéo est cruel pour les bêtes ne savent pas de quoi ils parlent et n’ont jamais vu un rodéo, lance Sylvain Champagne. Moi, je les aime les taureaux que je monte. »

Comme toutes les plus belles histoires d’amour, celle de M. Champagne avec les taureaux a démarré à l’adolescence.

« J’ai découvert la monte de taureaux sauvages à 17 ans, au Festival western de Saint-Tite, et cela m’a tout de suite fasciné, se rappelle Sylvain Champagne. Deux mois après, je montais mon premier taureau. Un vrai trip. »

Vingt ans plus tard, le cowboy originaire de Sainte-Clothilde-de-Horton sera l’un des participants au premier rodéo urbain de Montréal.

Sylvain Champagne affirme ressentir toujours le même plaisir quand il monte un taureau.

Évolution

Pourtant la discipline a beaucoup évolué depuis ses débuts.

« La technique des cowboys s’est perfectionnée, mais c’est surtout la qualité des animaux qui a fait un bond, analyse ce passionné. Depuis 10 ans, la discipline a pris de l’expansion, les éleveurs travaillent fort pour avoir les meilleurs bridages et les bêtes les plus fortes. »

M. Champagne pense que les cowboys qui débutent vendredi doivent se préparer à devoir dompter des taureaux plus coriaces que par le passé.

« Moi, j’ai pu élever mon niveau au fur et à mesure que les taureaux s’amélioraient, explique-t-il. Mais le petit gars qui s’y met maintenant, il commence face à des bêtes exceptionnelles. »