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Quatre ans pour trouver un électromécanicien

La pénurie de main-d’œuvre atteint un niveau record

Pour Jean-François Duclos, directeur général de Caron & Guay, le recrutement de la main-d’œuvre est un défi constant pour l’entreprise qui doit trouver les moyens de soutenir sa croissance.
Photo Pascal Huot Pour Jean-François Duclos, directeur général de Caron & Guay, le recrutement de la main-d’œuvre est un défi constant pour l’entreprise qui doit trouver les moyens de soutenir sa croissance.

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Le fabricant de portes et fenêtres Caron & Guay de Beaupré a attendu quatre ans pour trouver un électromécanicien. Loin de se résorber, la pénurie de main-d’œuvre s’accentue avec l’augmentation du taux de postes vacants qui atteint un niveau record cette année.

Pour les deux premiers trimestres de 2017, le taux de postes vacants s’est élevé à 2,8 % au Québec, un niveau jamais vu depuis que la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) cumule des données, en 2004. Au dernier trimestre, on comptait 78 600 emplois vacants depuis plus de quatre mois au Québec.

Parlez-en à Caron & Guay qui a eu peine à dénicher un électromécanicien pour chouchouter un bijou de la robotisation, permettant de fabriquer 400 unités thermos par jour. La demande pour des électromécaniciens est très grande : 450 postes sont affichés sur le site d’indeed au Québec seulement.

« On en cherchait un et on n’en trouvait pas. On est allé en sous-traitance, tout en continuant à chercher. Finalement, on en a trouvé un cette année, après quatre ans ! Il a commencé en janvier. On travaille fort pour qu’il soit heureux au travail », a partagé Jean-François Duclos, directeur général de l’entreprise.

Comme beaucoup d’autres PME, Caron & Guay n’échappe pas à la pénurie de main-d’œuvre. Pour pourvoir des postes de manœuvres, l’entreprise a cherché pendant trois mois. Pourtant, le salaire et les conditions de travail sont concurrentiels, soutient le DG.

Situation inquiétante

M. Duclos n’est pas surpris par l’augmentation du taux de postes vacants au Québec.

« Avant, on trouvait quelqu’un en deux ou trois semaines. Maintenant, c’est plus long. Il faut se démarquer. On travaille beaucoup sur le climat de travail, sur l’aide aux employés, sur la conciliation travail-famille », a-t-il ajouté.

Selon lui, le problème est généralisé.

« On parle avec nos fournisseurs. Aussitôt que les étudiants quittent après l’été, ils prennent du retard sur la production et on voit les délais de livraison qui rallongent », souligne-t-il.

Caron & Guay crée 175 emplois directs à ses usines de Beaupré, en plus de compter sur une vingtaine d’équipes d’installateurs indépendants.

« Il faut travailler encore plus fort sur la fameuse adéquation entre les besoins du marché du travail et ce que l’on forme sur les bancs d’école au Québec », affirme de son côté Simon Gaudreault, directeur des affaires économiques pour la FCEI.

Au deuxième trimestre de 2016, le taux de postes vacants était à 2,4 % au Québec, soit 0,4 point de moins qu’au dernier trimestre de cette année. L’an dernier, le Québec se situait au 4e rang. Cette fois-ci, il monte au 2e rang.

« On a grimpé dans les échelons des provinces qui ont le plus de difficulté à pourvoir leurs postes », met en lumière M. Gaudreault.

Taux de postes vacants dans le privé

  • 2,6 % au Canada
  • 2,8 % au Québec
  • 3,1 % en Colombie-Britannique
  • 1,8 % en Alberta
  • 2,7 % en Ontario