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Champions des congés de maladie

Le Québec détient plusieurs records canadiens en matière d’absentéisme au travail pour l’année 2016

Les experts consultés par Le Journal ne savent pas précisément pour quelle raison le Québec fait piètre figure en matière d’absence pour cause de maladie et d’invalidité parmi ses fonctionnaires, et ce, depuis plusieurs années déjà.
Photo Fotolia Les experts consultés par Le Journal ne savent pas précisément pour quelle raison le Québec fait piètre figure en matière d’absence pour cause de maladie et d’invalidité parmi ses fonctionnaires, et ce, depuis plusieurs années déjà.

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OTTAWA | Les Québécois dans la fonction publique se sont absentés pour cause de maladie et d’invalidité plus souvent que ceux de toute autre province l’an dernier. Ce qui en préoccupe plus d’un, dont le gouvernement.

Qu’ils travaillent pour une municipalité, la province ou le fédéral, les fonctionnaires du Québec sont restés à la maison 14,4 jours en moyenne en 2016 pour un congé de maladie, selon la compilation pancanadienne dévoilée mercredi par la Fédération canadienne des contribuables.

Ils ont manqué cinq jours de plus que ceux du privé dans l’année et trois jours de plus que la moyenne des fonctionnaires dans tout le Canada. Le Québec trône au sommet de ce classement depuis des années, et son gouvernement détient la médaille d’or des absences pour maladie, avec 18 jours en moyenne en 2016.

Préoccupant

Le cabinet du président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, indique être « préoccupé » par l’abstention, qui doit être justifiée après trois jours.

La Fédération canadienne des contribuables en doute. Le groupe de pression croit que certaines pratiques relèvent de la mauvaise foi, comme la hausse des absences le lundi et le vendredi.

« Que ce soit pour éviter de travailler lors d’une tempête ou pour se donner une longue fin de semaine, les congés de maladie ne devraient pas être utilisés avec impunité aux frais des contribuables », commente le directeur pour le Québec, Carl Vallée.

Différentes hypothèses ont été évoquées pour expliquer cette différence québécoise.

Retraite

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec l’explique par une hausse des retraites en 2016. Il est encore possible de vider avant sa retraite sa banque de congés de maladie accumulés, ce que le gouvernement veut abolir.

« Ce qu’on voit, c’est une augmentation du nombre des problèmes de santé mentale au Québec », croit plutôt Angelo Soares, professeur en ressources humaines à l’UQAM.

Le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec constate aussi « une explosion des cas d’épuisement professionnel », conséquence des politiques d’austérité de la province selon son président Richard Perron.

Le secteur privé québécois compose aussi avec plus d’absences pour maladie ou invalidité qu’ailleurs au Canada, signe de normes du travail plus généreuses, d’après la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

 

Extraits de la compilation

Tempête en mars

Le 2 mars 2016, pas moins de 3908 fonctionnaires ne sont pas entrés travailler dans la province, prétextant la maladie. Un record pour l’année. Cette journée-là, un important blizzard déversait justement de la neige en grande quantité sur le Sud du Québec, touchant notamment les régions de Montréal et Québec.

​« Vendredite » et « lundisme »

Les bureaucrates québécois ont pris leurs congés de maladie plus souvent les lundis et les vendredis que tout autre jour de la semaine en 2016, selon les données compilées par la Fédération canadienne des contribuables (FCC). En tout, 44 des 50 jours comptant le plus d’absences dans l’année étaient juste avant ou juste après le week-end.

65 % plus qu’au privé

Dans l’ensemble du Canada, le secteur public a connu un taux d’absence des employés pour cause de maladie ou d’invalidité 65 % plus élevé que celui du secteur privé. Au total, 11,2 jours d’absence ont été enregistrés par les employés gouvernementaux, contre 6,8 jours pour leurs collègues au privé. La différence équivaut à presque une semaine de travail.

Les plus malades au Québec

La Commission de l’éthique en science et en technologie, un petit organisme du gouvernement du Québec qui compte seulement six employés, est le lieu de travail avec la pire moyenne de jours de maladie pris par personne au Québec. Chacun d’entre eux a manqué en moyenne l’équivalent de trois semaines de travail, selon les calculs de la FCC.