/opinion/columnists
Navigation

Les sermons du curé

Les sermons du curé
Photo d'archives, Benoît Philie

Coup d'oeil sur cet article

En politique québécoise, le monde à l’envers est à ce point devenu la norme que beaucoup de gens ne se rendent plus compte que la réalité est trop souvent une insulte au bon sens.

Des milliers d’Haïtiens entrent irrégulièrement chez nous parce qu’ils craignent que le gouvernement américain leur ordonne de retourner dans leur pays d’origine.

C’est une gifle au visage des personnes qui fuient réellement la guerre et la torture, ou à celui des immigrants qui ont respecté nos lois et attendu leur tour pendant des années.

Leur arrivée entraîne aussi des coûts considérables.

N’importe quoi

De façon typique pour lui, Justin Trudeau s’est fendu d’un tweet complètement irresponsable : « Welcome to Canada ».

Comme c’est le chef du gouvernement canadien en personne qui invite au party, c’est Ottawa qui devrait ramasser la facture, dit Jean-François Lisée.

C’est d’autant plus justifié, pourrait-on ajouter, que creuser les déficits ne semble aucunement faire peur à Trudeau fils.

Vous noterez qu’il a agi de la même manière pour la légalisation de la marijuana : il décide seul et les gouvernements provinciaux se font envoyer la facture.

M. Lisée trouve aussi incongru de voir le gouvernement Couillard si disposé à ouvrir son chéquier pour des fins humanitaires, alors que nos aînés dans les CHSLD se font dire qu’un deuxième bain par semaine coûterait un « exorbitant » 30 millions $ de plus par année, ce qui est tout de même moins dispendieux que Bombardier.

Philippe Couillard a trouvé « malheureux » ces propos. Ses bedeaux médiatiques habituels ont opiné du bonnet et fait le signe de croix.

François Legault, lui, a tout simplement dit que l’attitude du gouvernement Couillard pourrait lui valoir des conséquences électorales négatives.

Cette fois, M. Couillard y a vu des propos « un peu inquiétants ». Décidément...

C’est aussi idiot que si l’on ne voyait pas que M. Couillard, lui, espère des conséquences électorales positives de tous les tronçons de route annoncés ces jours-ci par son gouvernement.

Misère

Non, M. Couillard, les propos de vos adversaires ne sont ni « malheureux » ni « inquiétants ». Ils sont raisonnables et légitimes.

Imaginez qu’un inconnu frappe à votre porte. Vous ouvrez. Sans demander la permission, il entre dans votre salon et s’installe.

Il raconte une histoire cousue de fil blanc, et vous demande de le croire et de le faire vivre le temps qu’il retombe sur ses pattes.

Et il serait « malheureux » et « inquiétant » que vous disiez : « Euh, un instant là... » !

Je vais vous dire ce qui est réellement « malheureux » et « inquiétant ».

C’est d’être gouvernés par des gens qui, non contents de nous prendre pour des imbéciles, nous font en plus la morale à temps plein.

Encore plus « malheureux » et « inquiétant » est le fait qu’on risque de devoir les subir pendant très longtemps. Misère de misère...