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Santé : assez des promesses creuses!

Urgence
Photo Simon Clark

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Le système de santé sera sans contredit un sujet chaud au cœur des prochaines élections au Québec. C’est un peu le cas même entre les élections, remarquez, puisque les problèmes ne semblent jamais se régler.

Les partis commencent déjà à se positionner sur le sujet. Le ministre de la Santé Gaétan Barrette, qui en a plein les bras avec les problèmes d’accès et d’attente, veut maintenant « forcer » les gestionnaires d’hôpitaux à réduire l’attente à l’urgence. 

La CAQ, pour sa part, y allait récemment d’une publicité critiquant la gestion libérale, notamment sur la qualité des services, les soins à domicile et le temps d’attente aux urgences.

Le PQ a quant à lui présenté ses propositions en santé, dont la principale est de geler les honoraires des médecins. 

Tout ça risque de laisser les patients québécois sur leur appétit. Car les problèmes du système de santé ne se régleront pas en sortant le fouet, en s’attaquant aux salaires des médecins ou en y allant d’une énième réforme bureaucratique.

Combien de projets de réformes et de rapports en santé avons-nous eus au fil des dernières décennies? Trop! Voici les plus importantes depuis 1988 : 

 

1988 Rapport Rochon

1990 Réforme Côté

1991 Adoption de la Loi 120

1995 Virage ambulatoire

1998 Adoption de la Loi 404

1999 Rapport Arpin

2001 Rapport Clair

2002 Rapport Romanow (pancanadien)

2003 Adoption des Lois 25 et 30

2005 Arrêt Chaoulli – Adoption de la Loi 83

2006 Adoption de la Loi 33

2008 Rapport Castonguay

2014 Adoption de la Loi 10 2015 Adoption de la Loi 20

2017 Dépôt du projet de loi 130

 

Malgré tout cela, le patient ne voit guère la différence quand il doit se rendre à l’urgence. 

Le temps des brassages de structures, des réformes cosmétiques et des promesses vagues est révolu. Les Québécois ont été assez patients et ils souhaitent des changements en profondeur, comme ils l’ont clairement exprimé dans un sondage récent où 60 % se disaient même prêt à rebâtir le système à partir de zéro!

Les partis doivent non seulement proposer des solutions concrètes, mais aussi des réformes en profondeur. Des réformes qui laisseront la place à l’entrepreneuriat et au secteur concurrentiel, afin de permettre à des entreprises d’offrir des services de santé qui sont réservés au monopole public en ce moment, et de donner du choix aux patients.

Des réformes comme le financement à l’acte pour les hôpitaux, l’introduction d’indicateurs de performances dans les hôpitaux, la gestion déléguée des hôpitaux publics à des entreprises, l’attribution d’un réel pouvoir d’embauche aux gestionnaires d’hôpitaux, ou encore la permission de la pratique mixte, qui fait en sorte qu’un médecin puisse œuvrer à la fois dans les secteurs public et privé, peuvent se faire sans remettre en question le principe d’universalité des soins. Ces changements, et d’autres, permettraient de contenir les coûts tout en améliorant la qualité des soins, comme on le constate en Europe ou en Australie.

Sans réforme entrepreneuriale, sans changement dans la façon dont les services sont livrés, et par qui ils sont livrés, on risque de continuer à jeter l'argent dans un puits sans fond comme on le fait depuis des décennies. Les problèmes en santé sont systémiques et sont principalement dus à la bureaucratie et à la centralisation de cette énorme structure, devenue sclérosée avec le temps.

Les Québécois, plus que jamais, sont prêts à « brasser la cage » et à essayer une nouvelle recette. J’espère que les politiciens – habituellement très opportunistes – vont saisir l’occasion et nous proposer du concret.