/misc
Navigation

La phobie du sucre dans le vin...

Coup d'oeil sur cet article

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir d’animer deux soirées dégustation dans le magnifique Bas-Saint-Laurent. En échangeant avec les invités présents, j’ai été surpris (une fois de plus !) du nombre de gens qui m’ont fait part de leur avis concernant les vins ayant de bonnes quantités de sucre résiduel. On semble les craindre, les fuir, ne pas les apprécier, et pourtant...

Des déclarations du grand public telles que « moi, les vins sucrés, chus pus capable ! », j’en entends à qui mieux mieux, jour après jour. Pourtant quand on regarde le palmarès des « best sellers » en SAQ, on s’aperçoit rapido que de nombreux produits de cette liste possèdent un grand nombre de grammes de sucre résiduel. Le Liano en a tout près d’une douzaine de grammes, l’Apothic Red presque 18 grammes, le merlot Grand Sud, une dizaine, et le californien White Zinfandel de Gallo frôle les 40 grammes de sucre résiduel par litre. Ils sont sucrés en ciboulot et ils figurent malgré tout dans le top 10 des vins les plus achetés à la Société des alcools du Québec en 2016. Dans le fond, les consommateurs de vin québécois ne doivent pas avoir peur du sucre tant que ça...

Pas inscrit

Est-ce que le taux de sucre est inscrit sur la bouteille ? À très peu d’exceptions près, non. Par contre, depuis 2-3 ans, le site du monopole nous l’indique. En cliquant sur l’onglet « infos détaillées » de la fiche du produit, vous retrouverez le ou les cépages, le pourcentage d’alcool, le taux de sucre et d’autres infos sur la bouteille en question.

Je compare souvent les vins sucrés à des émissions comme Occupation Double. Tout le monde affirme ne pas regarder cette télé-réalité, pourtant elle tirait dans ses belles années grosso modo 1,5 million de cotes d’écoute... Même son de cloche pour les Carnivor, Ménage à Trois, Apothic Red et Wallaroo Trail. Personne ne dit en boire, alors que ce sont les plus gros vendeurs... Bizarre, non ?

Sans gêne

Ces types de vins ne se retrouvent pas dans mon verre à dégustation le samedi soir entre amis autour de la table, mais jamais je ne lèverai le nez sur eux pour autant. À mon avis, ces vins doivent rester sur les tablettes des 400 succursales des quatre coins de la province. Pourquoi ? C’est simple, la plupart des gens qui font leurs premiers pas vers le vin débutent avec des vins commerciaux ayant de basses acidités et une bonne dose de sucre comme ceux-ci. Par la suite, ils dirigeront davantage leurs choix vers des vins plus secs (moins sucrés) qui reflètent mieux ce que peut être la « notion du terroir ».

Ne soyez donc pas gêné de dire ce que vous aimez, ce que vous buvez, car personne ne devrait juger vos goûts en matière de consommation de vin.

Vin de la semaine

  • Douro 2015
  • Crasto - Quinta do Crasto
  • Douro - Portugal
  • Code : 10486921
  • Prix : 18,95 $
  • Servir à 16-17 degrés Celsius

Une cuisse de canard confite, une escalope de veau et sa poêlée de champignons sauvages, des poivrons farcis...

Son jeune frangin baptisé Flor de Castro à 13,55 $ (10838579) est également fort réussi. Celui que je salue ici possède par contre plus de relief, plus d’« épaule », plus de goût, plus de matière tannique... Il est plus fourni et il tiendra plus longtemps en cave. Ce même domaine élabore aussi des portos d’une superbe définition, mais les stocks entrent au compte-gouttes sur notre marché.