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Les mouches ont-elles un sexe?

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Décidément, certains scénaristes manquent d’imagination.

Au lieu d’écrire de nouvelles histoires, ils refont des films en changeant des éléments de l’histoire.

Hollywood va faire un remake de Lord of the Flies (Sa Majesté des mouches), mais le film ne racontera pas comment un groupe de garçons laissés à eux-mêmes sur une île déserte finissent par s’entretuer ; ce sera plutôt l’histoire d’un groupe... de filles.

Rose ou bleu ?

Le livre d’origine, de l’auteur britannique William Golding, publié en 1954, était écrit spécifiquement avec des personnages masculins mémorables : Ralph le chef, Porcinet l’intimidé, Jack et ses chasseurs. Pourquoi ne pas laisser les chefs-d’œuvre intacts ?

Je ne comprends pas cette obsession de vouloir réécrire des classiques. Vous les dénaturez !

Sa Majesté des mouches était un livre terrifiant quand je l’ai lu à l’adolescence.

Après avoir tenté de coopérer dans un but commun, les garçons commencent à s’affronter, et leur utopie vire au cauchemar barbare. Laissés à eux-mêmes, sans le poids de la société, les humains redeviennent sauvages.

L’auteur a affirmé qu’il voulait « relier les défauts de la société aux défauts de la nature humaine ».

Mais ce chef-d’œuvre fonctionnait fort bien avec des personnages d’étudiants britanniques huppés ! Pourquoi inverser les rôles, remplacer Pôpa par Môman ?

Ça, c’est ma raison pour trouver qu’une version féminine de Sa Majesté des mouches serait superflue.

Mais cette semaine, quand on a annoncé cette version « féminisée », plusieurs sur les médias sociaux s’y sont opposés pour une tout autre raison : « Ben voyons, un groupe de filles qui virent à la barbarie, ça se peut pas ! » Quel argument sexiste !

La violence serait l’apanage des hommes ? Si douze filles devaient survivre sur une île déserte, pensez-vous sérieusement qu’elles se tiendraient par la main et qu’elles feraient des cupcakes en forme de licorne ?

Foutaise ! L’idée du livre de Golding, c’est que les enfants vont reproduire les mêmes schémas négatifs que les adultes, incapables de changer leur nature.

Ne venez pas me dire que les femmes sont tellement parfaites qu’elles ne sombrent jamais dans les pires travers de l’humanité !

Si leur avion s’écrasait, elles commenceraient peut-être par prendre soin les unes des autres. Mais en grattant un peu le vernis, leur vraie nature reviendrait au galop. Je n’achète pas du tout cette vision « lunettes roses » de la féminité : placée dans une situation de stress où elle doit se battre pour sa survie, une femme est un homme comme un autre.

La vraie nature de l’île déserte

Le commentaire le plus stupide que j’ai lu au sujet de ce remake féminin : « Ils ne peuvent pas faire un Sa Majesté des mouches avec des filles, car il n’y a pas d’équivalent féminin pour le patriarcat et la toxicité masculine. »

Bien sûr ! Dans toute l’histoire de l’humanité, on n’a jamais vu de femmes toxiques... Pas de meurtrières, de sadiques, de jalouses, de craquées, pas de femmes qui torturent leurs propres enfants ou martyrisent un pur étranger.

Hé, misère ! Finalement, c’est peut-être une bonne idée que ce film se fasse : ça va être drôle de voir les féministes radicales grimper dans les rideaux parce qu’on ose montrer des filles se comporter comme des monstres.