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Plus grand que nature

Il faut prévoir de 4 à 6 heures pour l’ascension du sentier L’Acropole-des-Draveurs.
Photo courtoisie Il faut prévoir de 4 à 6 heures pour l’ascension du sentier L’Acropole-des-Draveurs.

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Autrefois la chasse gardée des compagnies forestières, la région des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie est devenue l’une des plus belles destinations de plein air au Québec. Voyage au pays de Menaud maître-draveur.

Franchi le cap des 1000 mètres d’altitude, des vents à écorner un bœuf nous accueillent, signe que nous venons d’entrer dans la toundra. L’ascension du ­sentier L’Acropole­­-des-Draveurs n’est pas de tout repos, mais elle en vaut ­largement l’effort. Non sans ­éprouver un certain ­vertige, nous plongeons le regard dans l’étroite et profonde vallée de la rivière Malbaie­­­. En bas, les arbres paraissent désormais aussi ­minuscules que les fleurs alpines qui se trouvent à nos pieds.

Géographie accidentée

Peu d’endroits dans le sud de la province possèdent une ­géographie aussi accidentée que le parc ­national des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. Avec un dénivelé de plus de 800 mètres, la vallée et ses sommets abritent une ­végétation qui évolue à vue d’œil. Le visiteur passe de la forêt ­feuillue à la toundra alpine en 2 heures de randonnée seulement.

Des excursions en rabaska sont organisées par la Sépaq.
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Des excursions en rabaska sont organisées par la Sépaq.

Nous poursuivons notre chemin sur les hauts plateaux balayés par les vents. Au milieu de cette étendue rocheuse recouverte de mousse et d’arbres rabougris, l’été, le ­thermomètre se ­maintient sous la barre des 20 degrés. On se croirait volontiers dans le Grand Nord, impression sans doute ­renforcée par le fait que des ­caribous fréquentent l’endroit. Au loin, les sommets se font légion et se déclinent dans toutes les nuances de vert.

Une région et son roman

De retour dans la vallée, nous empruntons un vélo pour explorer la région qui sert de toile de fond à Menaud maître-draveur. Le roman de Félix-Antoine Savard, publié en 1937, décrit le quotidien des bûcherons et des draveurs de la rivière Malbaie, dont il a longtemps été l’aumônier. Avec lyrisme, le curé a su dépeindre la vie de campement et les aspirations des colons, mais aussi les sublimes paysages de Charlevoix.

« Menaud s’arrêta. Devant lui s’étendait la vallée de la grande rivière. L’ombre y stagnait encore ; par intervalles, il en montait comme un beuglement de troupeaux affolés. Mais, au loin, on voyait la Basilique neigeuse, l’Éboulée, les Érables, les Farouches... »

Pendant plus d’un siècle, les hautes 
gorges étaient le royaume des draveurs.
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Pendant plus d’un siècle, les hautes gorges étaient le royaume des draveurs.

Le royaume des draveurs

Les hautes gorges ont été pendant plus d’un siècle le royaume des draveurs. Chaque printemps, ces dompteurs de rapides marchaient des dizaines de kilomètres en direction de la vallée. Armés de leur seul courage et de leur longue perche, ils avaient la lourde tâche de débloquer les embâcles sur la rivière et d’acheminer le bois de la forestière Donohue­­ jusqu’au moulin de Clermont, parfois au péril de leur vie. Si les dernières scies à chaîne se sont tues au milieu des années 1980, il faudra attendre jusqu’en 2000 pour voir la création du parc national, permettant ainsi aux générations futures de s’émerveiller devant les paysages qui ont inspiré Savard.

Confortés par ces pensées, nous roulons sans empressement sur le petit sentier qui longe la vallée. La forêt s’ouvre sur des tableaux d’une grande beauté. Traçant son chemin entre les montagnes, la rivière Malbaie­­­ révèle ses ­multiples visages, tantôt docile, tantôt ­déchaînée. Nous nous arrêtons souvent, le temps de savourer la poésie des lieux et d’observer la descente d’un canot, là où jadis s’élevait la ­puissante voix des draveurs.

Le parc national abrite une végétation qui impressionne à tous coups.
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Le parc national abrite une végétation qui impressionne à tous coups.

Le parc en un coup d’œil

L’Acropole-des-Draveurs

Sans contredit l’un des plus beaux sentiers du Québec, l’ascension de L’Acropole-des-Draveurs­­­ n’en demeure pas moins un défi sportif. Comptez de 4 à 6 heures pour l’aller-retour­­­ et assurez-vous d’être en bonne condition physique. Prévoyez également suffisamment d’eau, des collations ainsi que des vêtements chauds et imperméables pour la randonnée.

Même les papillons s’arrêtent pour 
admirer les sentiers !
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Même les papillons s’arrêtent pour admirer les sentiers !

Au fil de l’eau

Envie d’en savoir plus sur le parc et son histoire ? La Sépaq organise des croisières en bateau-mouche et des excursions en rabaska pour toute la famille. Réservations requises.