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Baleines noires: La Gaspésie perdra 2,5 M$ à cause du ralentissement des navires

Le Queen Mary 2 dans la Baie de Gaspé le 7 octobre 2016. Dix escales ont été annulées jusqu’à présent pour septembre 2017 en raison des mesures de ralentissement des navires pour la protection des baleines noires.
Photo courtoisie, Escale Gaspésie Le Queen Mary 2 dans la Baie de Gaspé le 7 octobre 2016. Dix escales ont été annulées jusqu’à présent pour septembre 2017 en raison des mesures de ralentissement des navires pour la protection des baleines noires.

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GASPÉ | Depuis que les navires doivent ralentir dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent pour protéger les baleines noires, des escales de bateaux de croisières sont annulées à Gaspé, ce qui fait craindre des pertes importantes dans le milieu.

Suite au décès d’au moins 10 baleines noires cet été dans le Saint-Laurent, le gouvernement canadien a exigé des navires qui circulent dans l’estuaire et le golfe de réduire leur vitesse à 10 nœuds (environ 18 km/h) dans certains secteurs, pour réduire les risques de collisions avec les bateaux.

En raison de ce ralentissement, des bateaux de croisière ne font plus d’escales en Gaspésie, faute de temps pour visiter dans l’horaire des croisiéristes. Cela représenterait environ quatre à six heures de déplacements supplémentaires.

La Coopérative Escale Gaspésie a déjà annulé 10 escales et sera sans doute contrainte d’en annuler huit autres, alors que septembre et octobre sont les meilleurs mois de l’année pour ce type de tourisme et que 90 % de la saison se déroule à cette période.

«On joue notre pain et notre beurre. Pour nous directement, c’est une perte de 150 000 $, mais on estime 2,5 M$ perdus pour le milieu. Ce sont des gens qui ne consommeront pas, ne visiteront pas les attraits, n’achèteront pas dans les boutiques», indique le chef d’Escale Gaspésie Stéphane Sainte-Croix.

Si les 18 sont annulées, ce sont 26 500 personnes, incluant les membres d'équipage qui n'arrêteront pas à Gaspé.

Daniel Côté, maire de Gaspé, Bruno Bernatchez, président du conseil d’administration d’Escale Gaspésie et Stéphane Sainte-Croix, chef d’Escale Gaspésie ont fait une sortie mardi matin pour faire le point sur l’impact de l’annulation des escales de croisières en Gaspésie.
Photo courtoisie, Escale Gaspésie
Daniel Côté, maire de Gaspé, Bruno Bernatchez, président du conseil d’administration d’Escale Gaspésie et Stéphane Sainte-Croix, chef d’Escale Gaspésie ont fait une sortie mardi matin pour faire le point sur l’impact de l’annulation des escales de croisières en Gaspésie.

Compensation

Le maire de Gaspé ne se dit pas contre les mesures de protection des baleines noires, mais les trouve drastiques et décidées sans que ne soit consultée l’industrie des croisières.

«Si l’industrie avait été consultée, on aurait pu avoir des observateurs au-devant des navires pour observer s’il y a oui ou non des baleines noires et si c’est le cas, il aurait été possible de ralentir ou de dévier les navires», a dit Daniel Côté.

Le maire se demande si celui qui a pris la décision, en l’occurrence le gouvernement canadien, ne devrait pas compenser la corporation et le milieu. «Ce n’est pas une

demande formelle, mais on pose publiquement des questions, à savoir qui devrait compenser ça», précise le maire.

Sur l’industrie

Pour l’industrie maritime, les navires de l’entreprise Océanex, qui circulent entre Montréal et St.John’s, doivent pour leur part aller plus vite hors des zones de restriction pour compenser une partie des pertes causées par le ralentissement imposé. «Cette augmentation de vitesse opérationnelle augmente considérablement la consommation de combustible de navires», indique-t-on sur le site internet de la compagnie.

Selon CBC, Océanex perdrait même 100 000 $ par semaine et verrait chaque trajet ralenti de sept heures en raison de cette mesure, puisque les navires vont habituellement à une vitesse de 18 nœuds plutôt que 10.

L’entreprise met donc en place une surcharge temporaire de 4 % sur les frais de transport à ses clients, surcharge qui sera retirée dès que les activités reprendront leur cours normalement sur l’eau.

Les capitaines des navires qui ne se conforment pas au règlement risquent des amendes jusqu’à 25 000 $. La mesure sera levée lorsque les baleines auront quitté le secteur.