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Plaidoyer pour un encadrement plus serré de l’école à la maison

Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx
Photo d'archives, Simon Clark Le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx

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Les commissions scolaires et les directeurs d’école veulent un encadrement plus strict de l’école à la maison, alors que les parents qui scolarisent leurs enfants à la maison réclament le contraire.

Les consultations entourant le projet de loi 144 ont débuté mardi à l’Assemblée nationale. Ce projet de loi prévoit notamment un encadrement plus uniforme pour les enfants qui sont scolarisés à la maison puisqu’il y a présentement 72 commissions scolaires et 72 «façons de faire différentes», a indiqué le ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx.

Or les commissions scolaires et les directeurs d’école demandent à Québec d’aller encore plus loin que ce que prévoit le projet de loi, en s’assurant notamment que le «projet d’apprentissage» qui définit ce qui est enseigné à la maison soit conforme à ce qui est enseigné à l’école, dans les programmes de formation.

«Lorsque les parents décident de scolariser l’enfant à la maison, au-delà de la méthode d’enseignement, il y a ce que l’on enseigne. L’enfant qui souhaitera revenir dans le réseau scolaire, s’il n’a pas suivi de manière assez rigoureuse le programme de formation, il aura des retards», a expliqué Alain Fortier, président de la Fédération des commissions scolaires (FCSQ).

La Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement va jusqu’à réclamer que les enfants scolarisés à la maison passent tous les examens prévus par le ministère, tant à la fin du primaire qu’au début du secondaire. Présentement, ces enfants n’ont à passer que les épreuves ministérielles de la fin du secondaire pour obtenir leur diplôme.

Selon l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec, plusieurs élèves scolarisés à la maison n’arrivent pas à réussir ces examens.

Encore plus de conflits

De son côté, l’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED), qui représente environ 500 familles dont les 1800 enfants sont scolarisés à la maison, s’oppose à un encadrement plus strict qui pourrait amener encore plus de parents à éduquer leur enfant dans la clandestinité.

L’AQED estime que la mise en œuvre d’un plan d’apprentissage «pourrait causer préjudice à l’enfant» et que l’imposition d’évaluations obligatoires «envoie un message d’hostilité» envers les familles.

«Certains aspects de ce projet de loi risquent d’augmenter sérieusement les conflits», peut-on lire dans son mémoire, où on évoque une hausse des recours devant les tribunaux si le projet de loi est adopté tel quel.

Selon le ministère de l’Éducation, près de 2000 enfants sont scolarisés à domicile. Or on peut estimer qu’au moins la moitié des enfants scolarisés à la maison ne sont pas inscrits auprès d’une commission scolaire, selon Christine Brabant, professeure en éducation à l’Université de Montréal.

Payer pour des services à l’école?

La Fédération des commissions scolaires aimerait pouvoir facturer les parents d’enfants scolarisés à la maison pour des services complémentaires offerts par l’école, en orthopédagogie ou en orthophonie, par exemple.

«La Fédération comprend et admet que des enfants pourraient bénéficier avantageusement des services complémentaires offerts dans les établissements. Mais le choix de la scolarisation à la maison implique aussi le choix d’une organisation scolaire différente et d’un accès distinct au soutien», peut-on lire dans le mémoire présenté mardi.

Le président de la FCSQ, Alain Fortier, a aussi précisé que l’accès aux services complémentaires pour les enfants scolarisés à la maison pourrait aussi être possible si Québec ajustait à la hausse le financement accordé.