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Quand la gauche devient folle

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Il était une fois un pays qui possédait des réserves de pétrole parmi les plus abondantes du monde.

En plus du pétrole, son prési­dent nationalisa aussi de larges pans de l’industrie.

Sans la motivation provoquée par la concurrence, la productivité s’effondra.

Spirale

Forcément, il y eut des pénu­ries. Comme certains biens étaient devenus rares, leur prix explosa.

Dans l’espoir de freiner cette inflation, on gela les prix de certains biens de base.

La pénurie s’accentua encore puisque des entreprises cessèrent­­­ carrément de fournir ces biens.

Pourquoi ? Parce que le prix auquel on les forçait à vendre ne couvrait pas leurs coûts de production.

Quand le prix du pétrole, qui fournissait au gouvernement 95 % de ses revenus, chuta, le défi­cit explosa, d’où rationnement de l’eau et de l’électricité.

Le gouvernement eut alors la brillante idée d’imprimer de la monnaie, ce qui lui fit perdre sa valeur.

Je n’invente rien. C’est ce qui se passe au Venezuela.

L’inflation devrait dépasser les 1000 % cette année. Au marché noir, le taux de change pour le dollar américain est 900 fois supérieur au taux officiel.

La pénurie de médicaments a fait augmenter de 66 % en un an le taux de mortalité lors des accouchements; 75 % des Vénézuéliens ont perdu­­­ du poids dans la dernière­­­ année.

Le revenu par habitant est retombé au niveau des années 1950. La glissade depuis 2012 est la plus brutale de toute l’histoire de l’Amérique latine.

Pourquoi je vous raconte cela ? Quel rapport avec nous ?

L’effondrement du Venezuela n’est pas le résultat d’une catastrophe naturelle. Quant à la baisse du prix du pétrole, elle a affecté tous les pays producteurs.

C’est un effondrement provo­qué par l’application de politi­ques folles, délirantes, absurdes, contraires à toutes les lois de l’économie, qui ont échoué partout où elles ont été implantées.

Or, les mauvaises idées ont souvent la vie dure, traversent les frontières et prennent des couleurs locales.

En fin de semaine, je me pinçais en lisant le programme économique de Québec solidaire.

Le Québec n’est évidemment pas le Venezuela, mais l’extrême gauche propose partout le même funeste poison économique : étatisme, contrôles, hostilité à l’initiative individuelle.

Fou raide

L’industrie minière et l’industrie forestière passeraient sous le contrôle de l’État.

La semaine de travail serait réduite de 35 à 32 heures, mais sans baisse de salaire !

Les REER et les régimes de retraite privés seraient remplacés par un seul régime de retraite public.

L’éducation serait entièrement gratuite à tous les niveaux, y compris à l’université.

Le droit de grève serait étendu, mais le lock-out serait interdit.

Les immigrants qui ne sont pas citoyens canadiens auraient le droit de vote après deux ans de résidence.

Pendant que Québec solidaire sermonne tout le monde, on ne s’attarde guère aux idées économiques absolument délirantes d’un parti devenu un joueur significatif.