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Policier qui a tiré sur une manifestante: la crédibilité de la victime attaquée

Le policier de la ville de Québec qui avait fait feu en direction de Naomie Trudeau-Tremblay lors d’une manifestation étudiante devant l’Assemblée nationale en mars 2015 se retrouve devant le Comité de déontologie.
Photo Stevens LeBlanc Le policier de la ville de Québec qui avait fait feu en direction de Naomie Trudeau-Tremblay lors d’une manifestation étudiante devant l’Assemblée nationale en mars 2015 se retrouve devant le Comité de déontologie.

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À l’audition déontologique du policier de la ville de Québec qui a fait feu en direction de Naomie Tremblay-Trudeau lors d’une manifestation devant l’Assemblée nationale en mars 2015, l’avocat du policier a tenté de discréditer la victime en indiquant qu’elle avait été arrêtée pour manifestation illégale deux jours avant l’incident.

Le 26 mars 2015, Naomie Tremblay-Trudeau s’était rendue à une manifestation devant l’Assemblée nationale lors du dépôt du budget pour dénoncer les mesures d’austérité du gouvernement Couillard. Lors d’une échauffourée avec les policiers, le policier du SPVQ Charles-Scott Simard avait fait feu en direction de la cégépienne avec un fusil à irritant chimique.

La vidéo filmée par plusieurs médias est devenue immédiatement virale. Le policier Simard a ensuite été cité devant le Comité de déontologie pour deux infractions: ne pas avoir utilisé son arme avec prudence et discernement pour chacune des deux décharges d’irritant chimique lancée vers les manifestants.

Victime d’une décharge en plein visage, Naomie Tremblay-Trudeau est venue dire que c’est une bousculade qui l’avait propulsée devant les policiers alors qu’elle était dans la troisième rangée quelques secondes plus tôt. « Je me relève et je vois le fusil pointé sur moi. Je ne pensais pas que ça allait tirer », a-t-elle raconté.

« Là pour résister »

En contre-interrogatoire, l’avocat du policier a questionné la victime sur ses agissements avant les faits, notamment en lui faisant avouer avoir été arrêtée pour manifestation illégale deux jours avant l’événement et avoir reçu une amende de 300 $. « Vous étiez là pour résister », a fait valoir Me Robert Deblois.

« On est en train de faire le procès de Mme Tremblay-Trudeau », a objecté Fanny Roy du commissaire à la déontologie. « La manifestation était illégale et le policier avec le droit d’utiliser l’arme. Qu’on passe à autre chose », a demandé l’avocat en rappelant que le litige portait uniquement sur l’utilisation de l’arme par le policier.

S’il est vrai que la manifestation était illégale, le coup de fusil a été donné seulement quatre secondes avant le début du message d’avis de dispersion selon la preuve. Charles-Scott Simard a écouté les procédures attentivement sans manifester d’émotion mercredi.