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Programme d’éducation financière: matériel incomplet pour un nouveau cours

Jocelyn Noel
Photo Simon Clark Le président du Syndicat de l’enseignement des Deux Rives, Jocelyn Noël, a en main le premier chapitre du manuel d’éducation financière. Présentement, les enseignants n’ont reçu que les 90 premières pages d’un manuel qui doit en compter environ 230.

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Les profs qui donnent le nouveau cours d’éducation financière doivent commencer l’année scolaire avec du matériel incomplet, déplorent-ils.

« Pour l’instant, on n’a pas du tout ce qu’il nous faut pour commencer l’année », lance un enseignant de cinquième secondaire de la région de Québec, qui a accepté de nous parler à condition de ne pas être identifié.

Comme d’autres enseignants avec qui Le Journal s’est entretenu, il n’a reçu que le premier chapitre d’un manuel scolaire qui servira à donner le nouveau cours d’éducation financière. « J’ai en main seulement 90 pages, sur un manuel qui devrait en compter 231 », illustre-t-il, tout en ajoutant qu’il n’a reçu aucune formation reliée à l’enseignement de ce nouveau cours. « Je ne suis pas du tout contre ce programme, au contraire, mais c’est la rapidité et le manque de matériel qui est problématique », précise-t-il.

Selon le président du Syndicat de l’enseignement des Deux Rives, Jocelyn Noël, il ne s’agit pas d’un cas isolé, au contraire. « À peu près tous les profs vivent la même chose », affirme-t-il.

La présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), Josée Scalabrini, n’est pas étonnée de la situation. « J’avais dit que c’était impossible d’y arriver », lance-t-elle.

Implanté en vitesse

Le cours d’éducation financière est inscrit à l’horaire de tous les élèves de cinquième secondaire pour la première fois cette année. L’an passé, la volonté du ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, d’implanter rapidement ce cours s’est heurtée à une vive opposition de la part des syndicats d’enseignants, qui ont reproché au ministre son empressement.

Ce nouveau cours a été implanté sans être d’abord expérimenté sous forme de projets-pilotes, une démarche sans précédent depuis au moins une vingtaine d’années, selon les syndicats. « L’enseignement, ce n’est pas un jeu. Quand ça va trop vite, ce sont les enseignants qui en paient le prix », déplore Mme Scalabrini.

Au ministère de l’Éducation, on rétorque que « plusieurs sessions de formation » ont été offertes ce printemps « à l’ensemble du réseau ». Sa porte-parole, Esther Chouinard, affirme par ailleurs que « le matériel des maisons d’édition nécessaire pour débuter la rentrée scolaire est entre les mains des écoles ».

Monde contemporain

Par ailleurs, des changements au contenu du cours Monde contemporain ont aussi fait grincer des dents des enseignants de cinquième secondaire.

Ce cours est passé de 100 à 50 heures, afin de faire de la place dans la grille-matières pour le nouveau cours d’éducation financière. Alors qu’on avait d’abord laissé entendre que les profs pourraient choisir trois des cinq thèmes à enseigner, le ministère de l’Éducation a plutôt choisi d’imposer les trois thèmes, peut-on lire dans une lettre obtenue par Le Journal, qui a été acheminée au réseau scolaire en juillet alors que plusieurs enseignants étaient partis en vacances. « Il y a des profs en colère parce qu’ils ont dû jeter à la poubelle du matériel qu’ils avaient préparé pendant l’été », déplore Mme Scalabrini.

L’ABC du nouveau cours d’éducation financière

  • Obligatoire pour tous les élèves de 5e secondaire
  • D’une durée de 50 heures
  • Thèmes abordés : endettement et épargne, rémunération et imposition, pouvoir d’achat