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Et si Irma frappait le Québec?

L'île de Saint-Martin après le passage d'Irma.
AFP L'île de Saint-Martin après le passage d'Irma.

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Il n’est pas rare que le Québec ou les Maritimes reçoivent les fins d’ouragan, quelques jours après qu’ils aient frappé les États-Unis. Même si ce ne sont que des «restes», ils apportent énormément de vents et de pluie. Ce serait quoi si on recevait «la vraie affaire»? Nous avons parlé à Claude Côté, météorologue à Environnement et Changement climatique Canada.

Disons qu’on reçoit Irma à souper, un ouragan de catégorie 5 avec des vents de près de 300 km/h et un diamètre d'au moins 675 km, qu’est-ce qu’on fait?

On fait pas grand chose, car ce serait la catastrophe totale.

Les ouragans se caractérisent par des pluies diluviennes et des vents extrêmes. Pour vous donner une idée:

Les pluies feraient en sorte que plusieurs habitations seraient inondées. Les égoûts ne pourraient pas fournir à collecter toute l’eau, il y aurait donc des refoulements un peu partout. Les routes seraient gravement endommagées.

Les forts vents feraient également énormément de dommages. Il est fort à parier qu’il y aurait rapidement des pannes d’électricité et des services de télécommunications. Les vents d’un ouragan de catégorie 5 sont suffisants pour arracher des toitures de maison (!), donc on peut imaginer tout plein de débris plus ou moins imposants (des branches d’arbre, des feux de circulation, des poubelles, des barbecues, etc.) qui revoleraient en peu partout.

Ces débris qui revolent partout feraient leur part de dommages, fracassant des vitres d’édifice et pouvant peut-être endommager des infrastructures, les affaiblissant en même temps.

Les cours d'eau seraient très agités par les vents. Les vagues contribueraient certainement aux inondations.

Le diamètre de 675 km ferait en sorte qu'un très large territoire serait visé, de l'extrémité est des Grands Lacs au Saguenay.

L'ouragan Irma plaqué sur le Québec.
L'ouragan Irma plaqué sur le Québec.

Bref, l’adjectif «catastrophique» n’est vraiment pas exagéré.

Le jeu des comparaisons

Pour encore mieux saisir le portrait, comparons l’arrivée hypothétique d’un ouragan avec des événements météo extrêmes que l’on connaît mieux au Québec.

Lors des inondations du printemps dernier, il a plu 160 mm lors du mois d’avril et 114 mm au mois de mai, soit 274 mm en deux mois. Si on prend le cas de Harvey, qui était un ouragan de catégorie 4, il a laissé 1 318 mm en quelques jours. Disons que ça ne fait pas le poids.

Les tornades qu’on connaît au Québec présentent des vents entre 80 km/h et 200 km/h, mais ça dure seulement quelques minutes. Dans le cas d’Irma, c’est du 300 km/h pendant plusieurs heures.

L’orage du 22 août dernier a bien fait jaser. Pour donner une idée, la plus grosse rafale enregistrée faisait 113 km/h. De la petite bière pour Irma!

Bref, on va prendre juste les fins d'ouragan, merci bonsoir.