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Imposer la loi 101 au cégep?

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Un congrès du PQ ne serait pas un congrès du PQ sans un peu de suspense.

En fin de semaine, comme on ne s’affrontera pas sur la question du référendum, on croisera le fer autour de l’imposition de la loi 101 au cégep.

Le chef est contre. Une trentaine d’associations de circonscriptions voudraient lui forcer la main.

Problème réel

Dès que le libre choix devient possible, c’est par milliers que les francophones filent vers les cégeps anglophones, et ce nombre n’a jamais cessé de croître.

Le nombre d’anglophones qui choisissent un cégep francophone est, lui, ridiculement faible. Ça vous étonne ?

On ne peut raisonnablement s’opposer à une maîtrise convenable de l’anglais par un jeune francophone du Québec. C’est une nécessité de base.

Si tant d’entre eux filent vers le cégep en anglais pour apprendre cette langue, cela dit tout sur la piètre qualité de son enseignement, pourtant obligatoire pendant des années aux cycles précédents.

Il y a de bons arguments pour étendre la loi 101 au cégep.

Il est établi depuis longtemps que la langue des études supérieures — collégiales et universitaires — influence fortement la principale langue parlée ensuite au travail.

L’objection de la limitation de la liberté individuelle oublie que l’enseignement collégial est financé à 100 % par le gouvernement du Québec.

Il n’est pas vrai non plus que l’avenir du français est seulement la responsabilité individuelle de chaque francophone, bien que celle-ci soit réelle.

Si la responsabilité n’était qu’individuelle, pourquoi avoir jadis adopté la loi 101 ?

N’y a-t-il pas déjà assez d’anglais dans l’écosystème des jeunes Québécois francophones d’aujourd’hui ?

En passant, ne serait-il pas aussi temps de se pencher sur ces jeunes anglophones ou allophones nés ici, parfaitement incapables de tenir une conversation de base en français, langue qu’ils méprisent souvent ouvertement ?

Dans le cas des jeunes issus de l’immigration, je soupçonne que la culture d’origine y est pour beaucoup dans leur anglicisation future ou non.

S’ils sont, disons, d’origine latino-américaine, leur francisation est assurée. Si leurs parents viennent de l’Inde ou du Pakistan, leur anglicisation est pratiquement préprogrammée pour des raisons historiques. Le Québec francophone s’aiderait s’il ciblait mieux son immigration.

Pourtant, malgré les arguments pertinents en faveur de la loi 101 au cégep, M. Lisée a raison de s’en tenir éloigné.

Attirer

Le PQ a désespérément besoin de votes. C’est sa priorité absolue s’il veut éviter la débâcle.

Imposer la loi 101 au cégep lui gagnerait-il des appuis chez les jeunes ? Évidemment pas. Ramènerait-il vers lui des gens partis ailleurs ? Non plus.

Y a-t-il le moindre début d’un consensus social pour cette mesure ? Non. Personne ne la réclame en dehors de la frange la plus militante du mouvement nationaliste.

Parfois, une idée valable a le défaut de ne pas être en phase avec les exigences ultra-pragmatiques du moment.