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Les cégépiens se gèleront à l'école et rien ne pourra les arrêter

Les cégépiens se gèleront à l'école et rien ne pourra les arrêter
AFP

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À moins d'un an de la légalisation du cannabis, plusieurs s’inquiètent que des gens soient intoxiqués dans des lieux inappropriés, comme l'école.

Encore la semaine dernière, la Fédération des cégeps a plaidé pour un «encadrement clair» du pot sur le campus. L'Association des médecins psychiatres du Québec a même carrément demandé que la consommation de cette drogue soit bannie des terrains scolaires pour que les étudiants ne soient pas gelés en classe.

Mais une grande question subsiste: euh... n’est-ce pas rêver en couleur? Le cégep n’a t-il pas été à la base créé pour offrir un havre aux fumeurs de weed?

Ayant rien de mieux à faire de mon temps, je suis allé interrompre avec classe les fumettes d'une vingtaine de cégépiens montréalais (croyez-le ou non, sur le terrain DE LEUR ÉCOLE, sans véritable défi) pour savoir si de nouvelles restrictions les dissuaderaient d'être battés dans leurs cours.

Les cégépiens se gèleront à l'école et rien ne pourra les arrêter
Nicholas De Rosa

Sans stress

«Avez-vous peur de fumer du cannabis à l'école?», est la première question posée aux consommateurs croisés.

Surprise! Personne n'a répondu à l'affirmative. En fait, la majorité des gens semblaient surtout stupéfaits par la question tellement elle leur sonnait absurde.

«Il y a des garda (agents de sécurité) qui nous surveillent, mais ils s'en foutent pas mal. J'ai des amis qui se sont fait pogner le joint dans la bouche! La sécurité a pris leur nom, mais il n'y a jamais eu de conséquence», raconte Alexis*, 18 ans, en préparant des plombs du haut de la mythique colline derrière le cégep du Vieux-Montréal.

Abdel*, un étudiant de 20 ans au Collège de Maisonneuve, partage le même sentiment. Alors qu'un de ses potes roule un blunt du confort de sa voiture, il résume les propos de la totalité des consommateurs que j'ai sondés.

«Regarde-nous, là. Maintenant que c'est illégal, on le fait pareil. On peut même le faire à côté des portes d'entrée et personne ne dit un mot, donc j'ai pris l'habitude de faire ça, aussi. Ce ne sont pas des lois qui m'empêcheront de fumer sur le terrain quand je le fais déjà sans stress», dit-il.

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Nicholas De Rosa

Consommateurs responsables?

Les écoles ne veulent pas que les jeunes soient high dans leurs cours. Il va sans dire que plusieurs études ont prouvé que le cannabis affecte les capacités d'apprentissage et que fumer du cannabis dans l'adolescence a un impact sur les fonctions cognitives.

La majorité des étudiants rencontrés sont d’ailleurs assez d'accord avec ça,  mais voient mal comment renverser la vapeur.

«Théoriquement, ce serait une bonne chose qu'ils soient plus stricts parce qu'on n'est pas aptes à recevoir de l'information quand on est gelés. Mais réellement, c'est propre à chacun. Ils ne peuvent pas nous dire quoi faire, et ce n'est pas en nous interdisant de fumer sur le terrain qu'ils pourront éviter ça», soutient Julie*, 19 ans, joint en main, bien installée sur la colline du cégep du Vieux-Montréal.

Ce ne sont pas tous les cégépiens qui partagent son avis sur les dangers du pot en classe. Si plusieurs affirment fumer uniquement après leurs cours, Éric*, qui étudie également au Vieux, croit qu'il y a des moments où il est propice d'apprendre gelé.

«Je ne fumerais pas avant un cours de français, mais si c'est un cours vraiment relaxe ou bien un cours où il faut être créatif, je ne pense pas que ce soit si mal. Mais là, par exemple, j'ai une pause de trois heures et j'ai juste ça à faire», analyse-t-il.

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Nicholas De Rosa

Que fera Québec?

La ministre responsable de l'Enseignement supérieur, Hélène David, a mentionné la semaine dernière qu'elle se fierait aux résultats des consultations publiques sur l'encadrement du cannabis avant de se prononcer sur son sort sur les campus.

Impossible pour le moment de savoir quel consensus se dégagera des centaines de citoyens sondées par le gouvernement.

Ce que je peux vous dire, par contre, est que bon nombre personnes qui seraient visées par une loi plus stricte feraient exactement ce qu'ils font depuis des années: défier l'autorité et continuer à fumer en bordure des cégeps.

Mais vous n’aviez pas besoin d'un article pour vous apprendre ça.

* Nom fictif