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L’immobilisme va bien au Québec !

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Selon l’Association canadienne de la paie, plus de la moitié des Québécois sont si serrés financièrement qu’ils vivent d’une paye à l’autre.

Un coup dur, une hausse subite du taux d’intérêt (comme celle annoncée hier), et ils se ramassent sur la paille.

L’ARGENT, C’EST LE DIABLE !

D’où l’importance d’avoir un cours d’éducation financière digne de ce nom dans nos écoles.

Histoire d’enseigner l’ABC des finances personnelles aux futurs travailleurs.

C’est quoi un REER, comment fonctionne une carte de crédit, comment faire un budget, quel pourcentage de ta paye tu devrais mettre de côté, l’importance de l’épargne, consommer intelligemment, vivre selon ses moyens, etc.

Or, comment ont réagi les syndicats de profs lorsque le ministre Sébastien Proulx a annoncé l’implantation d’un tel cours ?

« On ne veut rien savoir ! Ce n’est pas le rôle de l’école de parler d’argent ! On ne veut pas transformer les élèves en agents du néo-libéralisme ! On n’est pas là pour faire la promotion du capitalisme ! Les banques n’ont pas à se mêler d’éducation ! »

Un discours arriéré digne des années 70.

Au lieu de dire « mais quelle bonne idée ! Bravo, on va s’impliquer, on va mettre l’épaule à la roue ! », nos valeureux syndicalistes ont choisi au contraire de croiser les bras et de s’opposer.

« Un tel cours qui ne propose qu’une vision libérale de l’économie ne fait plaisir qu’aux banquiers et ne correspond pas à notre philosophie d’éducation », a déclaré l’Association provinciale des enseignantes et des enseignants du Québec.

« Ce cours a été concocté par les banques », a tonné la Fédération autonome de l’enseignement.

Comme si enseigner aux jeunes à mieux gérer leur argent allait les transformer en Gordon Gekko, le héros du film Wall Street !

AVANCEZ PAR EN ARRIÈRE !

Pendant ce temps, en Colombie-Britannique, les profs prennent le virage technologique et enseignent aux jeunes la programmation de robots et le codage informatique.

Là-bas, on prépare l’avenir dans l’enthousiasme.

Alors qu’ici, on capote parce qu’on va montrer aux jeunes à mettre de l’argent de côté...

Pauvre, pauvre Québec.

« L’enseignement du codage n’est pas une priorité », a dit Josée Scalabrini, présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, à l’émission que je coanime avec Jonathan Trudeau sur les ondes de CHOI RadioX.

Savez-vous ce que madame Scalabrini enseigne ?

Le cours d’éthique et de culture religieuse !

Ça, c’est une priorité, les amis !

Le gourou Nanak, les déesses hindoues à huit bras, le buisson ardent !

On va aller loin avec ça !

Par ici, le XXIe siècle !

DES ANALPHABÈTES ÉCONOMIQUES

C’est à se demander si ça ne fait pas l’affaire des grandes centrales syndicales que les Québécois soient des analphabètes économiques et qu’ils ne sachent pas compter.

Comme ça, ils sont plus facilement manipulables. Ils ne posent pas trop de questions.

Ils paient leurs cotisations et ferment leur gueule.

On dit que les profs se plaignent de l’implantation du cours d’éducation financière. Ils disent que c’est fait tout croche, qu’ils ne sont pas préparés...

Si vos syndicats avaient participé à la création du cours au lieu de faire de l’obstruction sur des bases idéologiques, ça roulerait peut-être mieux !