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Qu’est-ce qui nous attend à la télé?

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J’en ai vu de nouvelles saisons de télévision depuis que Radio-Canada a ouvert CBFT le 6 septembre 1952 et CBLT deux jours plus tard. Je ne me souviens pas d’un début de saison marqué d’autant de nouveautés que cette année. Même si je m’en tiens uniquement aux émissions que présenteront la SRC et TVA, on jurerait que notre télévision roule sur l’or et que plus rien n’est trop gros ou trop beau pour elle.

Parmi les nouveautés, Face au mur (The Wall), qu’on verra à TVA, est l’une des plus coûteuses, surtout si l’on tient compte que les jeux-questionnaires n’ont pas droit aux mêmes aides financières que les dramatiques, par exemple. Ceux qui ont déjà vu The Wall, diffusé à NBC depuis décembre 2016, ou Face au mur, coqueluche de TF1 depuis février, ont une bonne idée du coût faramineux de ce mur de quatre étages, hyper techno et aussi fascinant qu’un jeu vidéo.

Si vous avez failli vous taper un infarctus en regardant Le banquier et les choix déchirants que devaient faire les concurrents, vaudrait mieux vous abstenir de regarder Face au mur. C’est plus énervant qu’une finale de hockey.

DE BEAUX DOLLARS EN JEU

Au réseau NBC, on peut théoriquement gagner plus de 12 millions $ US pour une partie parfaite, mais les joutes parfaites sont presque impossibles. Les 20 premiers épisodes ont permis à trois couples de repartir avec plus d’un million $ US. À TF1, le montant maximum qu’on peut gagner est de 1 824 995 euros (2,7 millions $), mais jusqu’ici, le gain le plus important s’est élevé à 308 647 euros (451 000 $).

TVA n’a pas encore révélé à combien on fixera le « gros lot », mais je parie qu’il sera d’au moins 1 million $. On est loin en diable des œufs minables que pondait La poule aux œufs d’or de Roger Baulu et René Caron, très loin aussi avec Blue Moon, Unité 9 et compagnie des séries dramatiques où tout se passait en studio entre quatre murs de carton-pâte.

Même si elle s’habille d’atours qui n’ont rien à envier aux toilettes que portent les séries américaines et européennes, notre télévision n’en est pas moins une « assistée sociale ». Sans les divers fonds d’aide et les crédits d’impôt, la plupart des téléspectateurs ne l’inviteraient plus à la maison, car nos émissions ne feraient pas le poids contre celles accessibles par internet et sur demande.

L’AVENIR SERA BIENTÔT PLUS CLAIR

D’ici quelques semaines, Mélanie Joly, la ministre du Patrimoine canadien, doit dévoiler la nouvelle politique culturelle qu’entend adopter le gouvernement canadien. Nous saurons alors si nous pouvons continuer d’avoir une télé qui vit « au-dessus de ses moyens » ou s’il faudra se tourner de plus en plus vers la télé étrangère pour occuper nos soirées.

Le faste de la saison télévisuelle qui commence est un trompe-l’œil. Il n’est pas représentatif de la réalité économique de nos télévisions. Même si chacune essaie de tirer le meilleur parti de toutes les plateformes, la concurrence étrangère est vive et le téléspectateur est de plus en plus curieux et sélectif. Plus on a de choix, plus on est exigeant et... capricieux.

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

D’après une étude de l’Université de Washington, « les personnes âgées qui regardent la télé plus de cinq heures par jour triplent leur risque de finir leur vie avec une marchette ». Puis après ? Je ne regarde jamais la télé en marchant !