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Venezuela: l’oligarchie s’amuse dans la rue

Venezuela: l’oligarchie s’amuse dans la rue
Photo AFP

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Aie, ça va faire la propagande

Enfin, j’ai pu lire un article donnant un tant soit peu l’heure juste sur la véritable nature des opposants du président socialiste élu du Venezuela, monsieur Nicolas Maduro. Des opposants tapageurs, puissants et bien branchés avec certains pays occidentaux qui les appuient et les financent généreusement, mais immensément minoritaires et qui rejoignent peu de monde lors de leur appel mélodramatique à faire la grève générale. Comme dans ce cas en 2017 où ils ont rejoint à peine un gros 2000 manifestants à déambuler à Caracas, la capitale du pays. Sur une population d’environ 30 millions d’habitants, ça fait pas grand monde à la messe, mais qu’importe, les médias occidentaux en font toujours une énorme histoire. Et comme d’habitude, les «pseudo-révolutionnaires» disent qu’ils se battent pour la liberté, la démocratie et les droits de la personne. De dignes principes humanitaires qui sonnent creux dans leur bouche. Liberté et droits de la personne qu’ils claironnent, mais faudrait qu’ils nous disent pour qui? : «Venezuela. : l’opposition au président Nicolas Maduro peine à mobiliser» (Le Devoir, 24 janvier 2017).

C’est comme en Syrie, en Libye, en Irak, en Russie, etc., l’Agence France-Presse, un véritable organisme d’endoctrinement, nous présente toujours favorablement les amis qui luttent avec, je dirais même pour, les Occidentaux. Et ceux qui veulent se détacher de l’emprise des pays occidentaux y sont toujours présentés comme des méchants. Pour mieux vous conditionner, l’Agence France-Presse et d’autres médias choisissent avec précaution les «héros» et les organismes supposément humanitaires qu’ils interviewent en taisant tout le temps leurs sources de financement et leurs commanditaires. Il y a donc les bons et les méchants dictateurs et révolutionnaires, qui sont de saintes personnes s’ils sont du bon côté de l’échiquier politique international.

Lire la revue américaine d’affaires: Business Week

Ça fait longtemps que je suis abonné à cette importante revue d’affaires américaine, car j’y trouve des dossiers nationaux et internationaux ne touchant pas seulement l’économie, mais aussi la fiscalité, la politique, l’environnement, les relations de travail, etc. Des textes très étoffés.

Et enfin un article qui nous montre le vrai visage des opposants au Venezuela, que l’on nous présente toujours comme des martyrs. Ça prenait bien une revue d’affaires, américaine en plus de ça, pour nous brosser un juste portrait de ce qui se passe au Venezuela. Non, ce texte ne vient pas du New York Times, du Washington Post, de la revue The Nation, du journal Le Monde ou de Libération, mais bel et bien d’un texte paru le 24 juillet 2017 dans la revue Business Week et intitulé, avec un peu de dérision, comme il se doit : «Leading a double life in Caracas. The Cacao district [quartier très bourgeois] host protests by day and parties by night». Ou, dit autrement : les patrons, certains de leurs employés, souvent obligés de protester, les étudiants universitaires issus de milieux très aisés et autres faire-valoir pour qui protester le jour est devenu un sport national. Et quand la journée de protestation est terminée, après s’être assuré que la presse occidentale a tout pris en notes et en photos afin d’avoir la «bonne» couverture voulue, l’oligarchie passe par après aux choses sérieuses en allant relaxer et se détendre dans de bons restaurants et dans de chics boîtes de nuit.

Du très beau et riche monde qui se fout du monde ordinaire, comme ici, et qui veut à tout prix reprendre le pouvoir et ses privilèges qui ont été quelque peu amputés par la plèbe. Ils ont fait la même chose avec Hugo Chavez. J’y reviendrais dans un autre texte. Pourquoi ici, on n’a pas droit à une telle objectivité dans les reportages médiatiques? Pourquoi toujours nous présenter comme les méchants tous les membres du gouvernement Maduro et ceux qui les appuient? Vraiment ridicule de nous faire voir les opposants membres de l’oligarchie comme des persécutés et brimés de toutes les libertés. Par contre, les dictateurs en Égypte, en Arabie saoudite, aux Philippines, au Honduras, etc. nous sont présentés comme de louables humanistes qui ont à cœur les libertés individuelles, la démocratie, la justice et la juste répartition des richesses : «Égypte. Donald Trump louange le travail fantastique du président Sissi» (Le Journal de Montréal, 4 avril 2017). Et aussi : «Israël. Le président [Trump)] accueille son ami à la Maison-Blanche» (Le Journal de Montréal, 6 février 2017).

Des articles de propagande

Il me peine de dire que certains articles consacrés au Venezuela versent dans l’endoctrinement, l’intoxication et la propagande idéologique. Voyons voir ça de plus près en se référant à des écrits factuels.

Le 9 août 2017, la journaliste du Devoir, Sophie Mangado publiait un texte intitulé : «Le Venezuela, État mafieux et verrouillé». Un titre qui annonce ses couleurs. Pour les fins de cette enquête journaliste, la journaliste a donné exclusivement la parole à Maria Corina Machado, adversaire de Nicolas Maduro et aussi d’Hugo Chavez. La dame s’en donne à cœur joie et crache sur le Venezuela avec plaisir. Sophie Mangado reprend intégralement ses déclarations enflammées. À la fin de l’article, il est écrit dans un petit encart que la «révolutionnaire» Machado a fondé en 2003 une ONG nommée Sumate financée par les États-Unis et qui visait à renverser Hugo Chavez du pouvoir, comme elle le fait aujourd’hui pour Nicolas Maduro avec la complicité de certains médias occidentaux. Me semble qu’une fois que l’on connaît la nature de madame Machado, pourquoi alors l’interviewer et lui accorder autant d’espace et de place? Le texte fut publié à la page frontispice. Coudonc, Nicolas Maduro n’a aucun appui, seulement des opposants? Voilà probablement pourquoi les journalistes ne pensent qu’à interviewer des gens qui lui sont favorables.

Quelques jours avant, soit le 5 août 2017, la même journaliste avait pondu un autre texte sur le Venezuela au titre très révélateur : «Le Venezuela, dictature du XXIe siècle?». Peut-être faudrait-il que Le Devoir envoie «enquêter» la journaliste au Honduras, au Guatemala, en Colombie, au Bahreim, en Arabie saoudite, en Ukraine, en Pologne, etc., des pays souvent ignorés par nos médias, et pourtant! Déblatérer sur le Venezuela avec ses oligarques protestataires et leur escadrille, c’est beaucoup mieux. Ces derniers ne sont pas nombreux, mais sont tapageurs, riches, avec plein de contacts en haut lieu à l’étranger. Je ne dis pas que Nicolas Maduro est parfait, mais il n’est certainement pas le tyran que l’on veut vous faire croire. Mais il veut juste une meilleure répartition de la richesse et accroître la souveraineté de ce pays face aux États-Unis. Est-ce pécher de vouloir ça? Oui, aux yeux de certains.

Ah ben, on a trouvé une autre farouche opposante, l’avocate vénézuélienne Tamara Suju qui dirige une autre belle ONG en République tchèque [Centre d’études pour l’Amérique latine] financée par des philanthropes occidentaux. On interviewe alors ce trésor rare et ça donne comme titre dans Libération du 30 juillet 2017 : «Venezuela. La pratique de la torture est une politique délibérée et concertée». Moi, je trouve que ça commence à manquer de respect pour les lecteurs et la population en général. Encore aucun article favorable à Nicolas Maduro et il n’y en aura pas. Un point, c’est tout.

Je pourrais continuer le vaudeville médiatique longtemps, mais en voici un dernier paru dans Libération, repris par Le Devoir du 24 juin 2017, et intitulé : «Venezuela. Luisa Ortega, la sorcière qui effraie Maduro». L’ex-procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega, a fui le pays, car elle a reçu supposément des menaces sur sa vie, menaces qui lui ont valu un autre article dans Le Devoir, soit le 23 août 2017 : «L’ex-procureure accuse Maduro». À la toute fin du texte du 23 août, il est écrit ce court paragraphe vraiment intriguant : «Reste à savoir si Luisa Ortega agit vraiment seule ...». D’après-vous, la dame Ortega reçoit-elle de l’aide de l’intérieur ou de l’extérieur du pays? Tiens, maintenant l’Agence France-Presse : «La dissidente Ortega essaie de bloquer la Constituante» (Le Devoir, 4 août 2017). Aux dernières nouvelles, elle a trouvé refuge en Colombie, un pays tout à fait démocratique, champion défenseur des droits de la personne où il fait bon vivre en personne libre. Mais la Colombie a cette grande qualité, elle collabore aux visées américaines.

Trump s’en mêle

Comment ne pas terminer la cabale visant le Venezuela, par ce héraut et héros de la liberté et de la justice sociale. Vous l’aurez deviné, il s’agit de Donald Trump : «Washington sanctionne le dictateur Nicolas Maduro» (Le Journal de Montréal, 1er août 2017). Trump ne voit pas de dictateur, bien au contraire, en Égypte, en Arabie saoudite, au Honduras, au Koweït, en Ukraine, etc., tous des pays amis. Et Trump, qui va plus loin que les sanctions envers le Venezuela et qui passe aux menaces, une de ses nombreuses spécialités : «Venezuela : possible option militaire» (Le Devoir, 12 août 2017). Option militaire comme les États-Unis l’avaient envisagé au temps de Hugo Chavez.