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Irma sur notre radar

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Avec la météo, les ouragans sont attendus plusieurs jours à l’avance, donnant ainsi un peu de temps aux populations concernées pour encaisser le choc.

N’empêche. Même à des milliers de kilomètres, on ressent une tension juste en regardant Irma grossir sur les écrans radars. On pense à la visite qu’on a déjà faite des contrées qui seront touchées et aux personnes qu’on connaît qui pourraient s’y trouver.

Imaginez ce que c’est comme angoisse quand on est sur place. L’expression « le calme avant la tempête » devient un gigantesque euphémisme.

Un petit monde

C’est l’effet « village global ». Cette conscience que nous vivons dans un petit monde, où l’information continue rétrécie les distances et nos expériences de vie nous procurent des amis Facebook dont on attend impatiemment qu’ils annoncent qu’ils vont bien après l’ouragan.

Cette capacité de suivre ici les catastrophes d’ailleurs nous rappelle nos tragédies à nous. Le déluge du Saguenay, le grand verglas, Lac-Mégantic ou les inondations du printemps. Chaque fois, les proportions sont différentes, évidemment. Chaque drame est unique ; les cicatrices qu’il laisse également.

N’empêche que cet effet couplé de l’info en temps réel et de nos souvenirs personnels nous force à une solidarité nouvelle avec les populations touchées. Être déjà privilégiés, ça aide à se relever.

Voir venir

Surtout, ces événements nous forcent à voir venir. Dans l’immédiat, tirer des conclusions, c’est difficile. Ouragans, changements climatiques, hausse du prix de l’essence : il y a des liens, mais sont-ils bien ceux qu’on pense ?

Commencer à se poser la question, c’est déjà un bon début, mais il faut garder en tête que la situation ne changera pas. Pas pour s’améliorer, en tout cas.

Il n’y aura pas moins de catastrophes et moins de gens à aider. Au contraire. Et de prochains événements amèneront éventuellement d’autres vagues de migrants.

Pour ça aussi, il faudra bien se préparer.