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L'abc du recrutement social

L'abc du recrutement social

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La course aux meilleurs talents implique pour les compagnies de rester branchées sur la place publique actuelle : les réseaux sociaux.

Sarah Champagne – 37e AVENUE

Facebook, Twitter et LinkedIn sont en effet plus utilisés que jamais pour recruter de nouveaux employés. C’est ce qu’on appelle le recrutement social. « On utilise aussi souvent les termes “recrutement innovant” pour éviter la confusion avec le domaine communautaire ou social », précise d’emblée Sandrine Théard, formatrice en recrutement à la tête de La Source humaine. À ces approches directes à travers les réseaux sociaux s’ajoutent de la diffusion d’offres d’emploi et de la veille sur le web.

Jamais un miracle

Des doutes sur l’efficacité de ces méthodes ? Mme Théard rassure : « Oui, tout le monde peut trouver la perle rare sur les réseaux sociaux », mais pas sans efforts.

Le travail à long terme pour les entreprises, comme pour les chercheurs d’emploi, est d’avoir au minimum une présence sur les plateformes sociales les plus fréquentées.

Puis, « il faut faire travailler son réseau », conseille Mme Théard. Pour les entreprises, ceci implique notamment de tenter de faire connaître leurs offres d’emploi à travers leurs employés, qui deviennent en quelque sorte des ambassadeurs. Et des références précieuses, puisque « les “amis” de ces employés leur ressemblent », ajoute-t-elle.

Pour une entreprise, ouvrir une page Facebook ou un compte Twitter prend environ cinq minutes. Mais le vrai travail ne fait alors que commencer. « À court terme, si on recrute quelqu’un, c’est de la chance, affirme Mme Théard. À long terme, l’effort devient davantage de la gestion de communauté. Le dialogue devient important. »

Les ressources humaines des entreprises devraient donc prendre la peine de s’asseoir avec les responsables des communications ou du marketing. Pour que les candidats soient attirés par ce qui passe sur les réseaux sociaux d’un établissement, il faut soigner son image. La « marque employeur », soit tout ce qui est distinctif, peut notamment être développée grâce à des vidéos.

E-réputation

L’autre utilité des réseaux sociaux est de pouvoir se faire une idée d’un candidat à l’avance. Une démarche passive, donc, puisqu’aucun geste n’est posé pour être repéré.

À défaut d’obtenir votre CV complet, les chasseurs de tête balayent les informations disponibles vous concernant. Comment prendre soin alors de son identité numérique ? « Allez vous googler souvent pour voir ce qui sort... vous pourriez être surpris », suggère la spécialiste du recrutement.

Un geste que plusieurs employeurs poseront pour réduire le risque à l’embauche. Surtout, ils évalueront la capacité à communiquer, la créativité, les relations et les références d’une personne.

La limite à tracer entre le privé et le public dépendra encore une fois du domaine professionnel. Le profil Facebook d’une technicienne en laboratoire sera certainement moins consulté que celui d’un potentiel directeur des communications. Les profils des jeunes diplômés et des cadres en recherche d’emploi seraient particulièrement susceptibles d’être « espionnés » par les recruteurs.

Enfin, même si le recrutement social n’est pas encore la norme au Québec, la montée de la nouvelle génération pourrait changer la donne.