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Les augmentations de salaire approuvées

Jusqu’à 47% de hausse pour les dirigeants du transport en commun

Denis Coderre
Photo Agence QMI, TOMA ICZKOVITS Denis Coderre

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Des hausses de salaire allant jusqu’à 47% ont été approuvées derrières portes closes, vendredi après-midi, pour quatre dirigeants du transport en commun de la région de Montréal.

À l’unanimité, le Conseil d’administration de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) a donné son aval à ces augmentations controversées, octroyées aux dirigeants de cet organisme public qui chapeautera pourtant quatre fois mois d’employés qu’avant.

Quinze personnes siègent au Conseil qui a pris cette décision, dont les maires Denis Coderre (Montréal), Marc Demers (Laval) et Caroline St-Hilaire (Longueuil).

Le public et les médias ne pouvaient assister à la séance.

L’ARTM est cette nouvelle entité créé par le gouvernement Couillard pour planifier les services d’autobus, de métro et de train de banlieue dans la région de Montréal, suite à l’abolition de l’Agence métropolitaine de transport (AMT).

Son directeur général Paul Côté, un ancien patron de VIA Rail, verra donc son salaire annuel passer de 180 911$ à 250 000$, une hausse de 38% par rapport à ce qu’il gagnait comme grand patron de l’AMT.

La plus grosse augmentation revient à Pierre Guertin, le directeur des affaires juridiques de l’ARTM, qui voit son salaire bondir de près de 47% pour passer de 110 000$ à 162 000$.

Daniel Bergeron, directeur exécutif planification, reçoit pour sa part une augmentation de 12%, et Marieke Tremblay, qui dirige les affaires publiques de l’ARTM, touchera une hausse de salaire de 6%.

Recommandation externe

«Monsieur Guertin a vu son salaire augmenter, effectivement, d’un pourcentage plus élevé que les autres. Mais c’est parce qu’il se voit donner une promotion par rapport à son poste d’avant», justifie Fanie St-Pierre, porte-parole de l’ARTM.

Les hausses de salaire sont en vigueur dès maintenant mais ne sont pas rétroactives, précise-t-elle.

C’est une firme externe mandaté par le C.A de l’ARTM qui a recommandé d’augmenter les salaires de façon considérable.

Dans les cas de messieurs Bergeron et Guertin et de madame Tremblay, les hausses auraient pu atteindre 59% mais sont plus faibles qu’anticipées.

Le conseil d’administration a choisi la «médiane» du salaire recommandé par la firme externe, explique Fanie St-Pierre.

Moins d’employés

L’équipe dirigée par Paul Côté comptera l’équivalent de 109 employés à temps plein, un chiffre entériné par les administrateurs de l’ARTM hier.

C’est quatre fois moins que les 450 qui travaillaient à l’AMT.

En entrevue à notre Bureau d’enquête cette semaine, M. Côté jugeait que sa nouvelle rémunération était «équitable et justifié», compte-tenu selon lui des nouvelles activités de planification qu’aura son organisme.

Jeudi, le cabinet du ministre des Transports Laurent Lessard avait averti qu’il demanderait des explications pour ces hausses révélées par notre Bureau d’enquête.

Le député de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois avait quant à lui comparé ces hausses avec les primes versées aux dirigeants de Bombardier, une entreprise privée subventionnée par le gouvernement Couillard.