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L’ultime rempart

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À la suite de l’attentat contre Charlie Hebdo, la planète scandait « Je suis Charlie ». On aurait pu espérer que le terrible événement motive nos sociétés à défendre la liberté d’expression, mais il n’en fut rien !

Il est aujourd’hui plus difficile que jamais de verbaliser ses pensées. Dans l’espoir d’attendrir les terroristes ou simplement pour ménager les susceptibilités exacerbées de quelques groupes déclarés émotionnellement fragiles, une police de la parole spolie méthodiquement notre liberté d’expression.

Dangereux !

Dans la sphère publique, il est difficile, sinon carrément téméraire, d’exprimer une opinion non conforme à l’idéologie officielle. La France a récemment passé un décret visant à sanctionner les propos tenus dans la sphère privée. Oui, privée !!! Et au Canada, Ottawa a voté la motion M-103 destinée à museler quiconque aurait l’audace d’émettre une opinion, même avec la plus grande délicatesse.

On ne peut plus rien dire, surtout s’il s’agit de décrire la réalité en mots vrais, simples, et inoffensifs, sans risquer d’être cloué au pilori. Jean-François Lisée en a fait la douloureuse expérience après avoir déclaré que les demandeurs d’asile sont les « invités de Trudeau ».

La liberté d’expression est attaquée. Mais il y a plus grave encore. En réprimant l’expression des idées, c’est la liberté de penser qu’on agresse.

Pour se faire une opinion, il faut s’informer et faire preuve d’esprit critique. Penser exige un effort intellectuel. Cet effort est justifié si le fruit de notre réflexion peut être communiqué à d’autres. Si nos pensées doivent rester secrètes, l’effort intellectuel ne devient-il pas inutile ?

Silence

À terme, brider l’expression, c’est étouffer la pensée et ainsi réduire toute opposition au silence. C’est un moyen pour nous forcer à penser ce qu’une élite autoproclamée considère comme juste et vrai. Et pourquoi contrôler la pensée si ce n’est pour mieux manipuler la population ?

La liberté d’expression est l’ultime rempart contre l’émergence d’une société moutonnière. Voilà pourquoi tant de bien-pensants l’abhorrent !