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Commission sur le racisme: Couillard a-t-il peur?

Philippe Couillard
Photo d'archives Philippe Couillard

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Ainsi, les audiences de la fameuse Commission sur la discrimination systémique et le racisme ne se dérouleront pas en public comme on nous l’avait annoncé, mais à huis clos, loin des micros et des caméras.

Se pourrait-il que la raison de cette volte-face soit que le gouvernement Couillard craint que sa Commission, loin de l’aider à diaboliser ses adversaires politiques, lui pète au contraire en pleine face ?

UN ENTREPÔT DE DYNAMITE

Je l’ai écrit, l’autre jour : mettre sur pied une Commission sur le racisme dans le présent contexte, alors que les émotions sont à cran et que l’extrême droite et l’extrême gauche font tout ce qu’elles peuvent pour jeter de l’huile sur le feu et exacerber les passions, est une très mauvaise idée.

C’est comme manipuler des substances explosives dans un entrepôt de dynamite.

Et puis, soyons francs : les gens en ont ras le bol de cette utilisation hystérique du mot racisme.

Monsieur et Madame Tout-le-monde regardent la façon dont on traite les migrants qui ont franchi illégalement notre frontière et se disent : « On les accueille à bras ouverts, on leur donne de l’aide sociale, des soins de santé, on les aide à se trouver un logement et à envoyer leurs enfants à l’école... En quoi sommes-nous racistes, au juste ? »

La Presse a beau multiplier les reportages alarmistes et sensationnalistes sur une supposée montée en flèche de l’extrême droite, la population sait que cette bande de bozos qui jouent les matamores 1) ne sont pas très nombreux, et 2) ne sont absolument pas représentatifs du Québec.

Il n’y a pas plus de racisme systémique qu’il n’y a de culture du viol.

Tout cela est une invention d’une gauche en mal d’ennemis.

Car il n’y a rien de plus ennuyant qu’un pompier qui n’a pas d’incendie à éteindre. Il passe son temps à jouer au Scrabble ou à cirer ses chaussures.

LIMITER LES DÉGÂTS

On dirait que Philippe Couillard vient de se rendre compte que sa super extra bonne idée (organiser une commission qui va traiter tous les nationalistes de racistes) n’était peut-être pas si géniale que ça.

Faire exploser des pétards dans un champ est une chose. Mettre le feu à un puits de pétrole en est une autre.

Tu ne sais pas de quel côté le vent va souffler.

Son gouvernement a donc décidé de limiter les dégâts en tenant ses consultations derrière des portes closes.

On comprend les Libéraux : à force d’entendre des militants professionnels associer nationalisme et identité à racisme et intolérance, les gens qui ont les deux pieds sur terre et les yeux en face des trous vont finir par appuyer non pas les inquisiteurs, mais leurs accusés.

Surtout que la tactique du gouvernement n’a jamais été très subtile.

Il faut être sourd et aveugle pour ne pas voir que cette Commission a été créée à des fins strictement politiques.

UNE FAUSSE BONNE IDÉE

« Méfiez-vous de ce que vous souhaitez », dit le proverbe.

Les Libéraux voulaient une Commission sur le racisme systémique ? Eh bien, ils en ont une.

Et je gagerais ma chemise qu’ils regrettent le jour où ils ont eu ce beau gros flash.