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Tex Lecor est décédé

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Le peintre, animateur, humoriste et chanteur québécois Tex Lecor a rendu l’âme dans la nuit de vendredi à samedi à la suite de complications pulmonaires. Il était âgé de 84 ans.

Paul Lecorre, de son vrai nom, est né le 10 juin 1933 à Saint-Michel-de Wentworth, au nord de Lachute, dans les Laurentides.

S’il était surtout connu pour sa longue carrière dans le monde du spectacle à la radio et à la télévision, ainsi que pour ses chansons, notamment Le frigidaire, Tex Lecor avait fait l'École des beaux-arts de Montréal dans les années 1950, ce qui lui a sans doute permis de devenir un peintre important du panorama québécois. Plusieurs galeries à travers le Québec vendent de ses tableaux, des paysages québécois et de personnages colorés et vrais, prisés des amateurs d’art.

À la télévision, pendant 13 saisons, il a été l’un des animateurs de l’émission Y’a plein de soleil aux côtés de Shirley Théroux, ainsi que de Louis-Paul Allard, Pierre Labelle, Roger Joubert, ses amis du Festival de l’humour québécois, une populaire émission de radio diffusée pendant des années sur les ondes de CKAC.

Il a en outre beaucoup fait rire les Québécois avec «Les Insolences d'un téléphone», un segment radiophonique au cours duquel des gens du public étaient la cible de pièges humoristiques.

Tex Lecor a aussi animé pendant quatre ans l'émission «Sous mon toît» sur les ondes de Télé-Métropole - devenue TVA plus tard -, à partir de 1970.

Sa femme raconte ses derniers jours

Samedi, en entrevue avec Pierre Bruneau sur les ondes de LCN, Louise Dion-Lecor, l’épouse de Tex Lecor, a indiqué qu’il avait été hospitalisé ces derniers jours et qu’il est parti très sereinement, bien qu’il était de ceux qui n’aiment pas particulièrement les hôpitaux.

«Il est parti [...], très calme, en nous regardant», a-t-elle ajouté.

Sa femme a précisé qu’il était tombé malade le 30 août, semblant d’abord souffrir d’un rhume. «Je l’ai gardé à la maison jusqu’à dimanche. Notre fils est venu et on a appelé l’ambulance. C’était une pneumonie, pas sa première. Ensuite, on nous a dit que c’était la maladie du légionnaire», a-t-elle indiqué, précisant notamment qu’il fumait.

Selon Mme Dion-Lecor, Tex Lecor avait été profondément affecté récemment de voir son frère Jean-Claude aux soins palliatifs. «Ça l’a beaucoup bouleversé», a-t-elle dit.

Carrière de peintre

À l’agence Multi Art qui le représente comme artiste-peintre depuis 43 ans, une des propriétaires, Natalie Beauchamp – qui le connaissait personnellement depuis a naissance - a dit à l’Agence QMI dans un court entretien téléphonique, samedi après-midi, qu’«on perd un gros morceau». «[Tex Lecor était] un homme plus grand que nature, passionné de tout ce qu’il touchait. Un passionné de la vie.»

«Au cours d’une carrière de presque soixante ans, Tex a imaginé sa réalité les pieds solidement posés sur le roc et a créé une œuvre vaste où l’imagerie populaire comprise, sentie et assumée ne quitte jamais les préoccupations d’un homme au message clair et immuable, quelle que soit la forme que prenne celui-ci, a mentionné Multi Art dans un communiqué. Homme libre, Tex a écouté et compris les gens et le pays et il donne la parole à ceux qui parlent tout bas, aux arbres et aux oiseaux.»

Toujours actif, l’artiste reconnu pour sa bonne humeur avait fait une apparition en juin dernier à une exposition de ses œuvres récentes à la galerie Le Balcon d’art, à Saint-Lambert, au sud de Montréal, une entreprise dont Mme Beauchamp est également copropriétaire. Il devait participer, à la même galerie, à une exposition de groupe plus tard ce mois-ci sur le thème du 375e anniversaire de Montréal. «Il devait présenter trois ou quatre tableaux à cette exposition, mais on ignore en ce moment s’il a eu l’occasion de les compléter», a indiqué Mme Beauchamp.

Shirley Théroux : «il peignait le Québec»

La comédienne et artiste Shirley Théroux est peinée d’avoir perdu son collègue et grand ami Tex Lecor, qu’elle a qualifié de «pacifiste», «amoureux de la vie» et «passionné» en entrevue à TVA Nouvelles.

Mme Théroux a animé pendant 11 ans le magazine télévisuel «Y’a plein d’soleil» avec Tex Lecor qu’elle identifie aussi comme son mentor lorsque venait le temps de peindre.

«Il disait qu’il peignait le Québec. Il voulait laisser en héritage les champs de blé, les chevaux, les rivières avec les saumons», raconte-t-elle.

«Il a consacré son art à faire vivre le passé», explique aussi Shirley Théroux, précisant que le qualificatif de «peintre de cabane à sucre» que lui ont collé certains critiques a créé chez lui une grande tristesse.

«Excusez-moi, mais c’est un grand artiste. C’est un de nos grands peintres.»

«Le dernier des vrais»

Ami de longue date, Louis-Paul Allard, qui a contribué à plusieurs projets artistiques avec Tex Lecor, tenait lui aussi à rendre hommage à l’homme qu’il était.

«C’est une perte incroyable. C’était le dernier des vrais, comme on dit. C’était un être entier», explique celui qui connaissait Paul Lecorre depuis près de 50 ans.

«Il avait tous les talents [...] Partout où on allait, il était généreux, joyeux et disponible. Il était de la fête», raconte Louis-Paul Allard.