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La dépression devrait être traitée différemment selon le sexe

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La dépression chez l’homme et la femme affecte des gènes distincts et devrait être traitée de façon différente selon le sexe, ont découvert des chercheurs.

Cette « surprenante » découverte est le fruit des travaux d’une équipe de 25 chercheurs, dont des Québécois, qui, pendant près de quatre ans, à New York, ont procédé à l’étude post-mortem de 48 cerveaux féminins et masculins.

Les chercheurs se doutaient que la dépression ne devrait pas être traitée de la même façon chez des patients de sexes différents puisque certaines études ont fait état d’écarts, selon le sexe, en ce qui concerne la présence ou la gravité de certains symptômes liés à la dépression, de même qu’en ce qui concerne la réponse du patient au traitement.

« Deux maladies » différentes

« On s’est dit que de petites différences pouvaient cacher quelque chose de plus grand. Alors, on s’est penchés sur les gènes et on a découvert quelque chose de plus grand. On était très surpris », avoue Benoît Labonté, auteur de l’étude publiée dans la revue Nature Medicine le 21 août et chercheur au Centre de recherche CERVO du CIUSSS de la Capitale-Nationale.

« On voyait plusieurs gènes affectés chez l’homme déprimé et chez la femme déprimée, mais quand on comparait ces gènes-là, on voyait que c’était complètement différent », expose l’expert. « On arrive à la dépression via des chemins différents chez l’homme et la femme. »

Il soutient que l’équipe a constaté que seuls 5 à 10 % des gènes étaient communs aux deux sexes. « Si on regarde du point de vue de l’expression des gènes, ce sont deux maladies complètement différentes », avance M. Labonté.

Traitement personnalisé

Selon lui, c’est la première fois qu’une telle démonstration est faite sur différentes régions du cerveau et cela permet une caractérisation globale de la maladie chez l’homme et la femme, jusqu’alors inexistante. Cette découverte permettra aux scientifiques de mieux comprendre la dépression chez les deux sexes et de travailler en vue de mettre au point un traitement personnalisé d’ici une vingtaine années.

« On devrait les traiter différemment, s’intéresser à des mécanismes propres à l’homme et à la femme pour essayer de les cibler avec des interventions thérapeutiques, des médicaments qui attaqueraient directement ces mécanismes-là », indique M. Labonté, qui croit que ce type d’approche permettrait d’améliorer le taux de succès des traitements, mais aussi de réduire les effets secondaires et les risques de rechute.