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Le Cirque Éloize revient aux racines de l’Amérique

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Après un an de tournée à travers le monde, le spectacle Saloon, du Cirque Éloize, s’amène finalement à Montréal. Pour le fondateur de la compagnie, Jeannot Painchaud, cette nouvelle création mélange habilement des influences américaines et européennes.

C’est au Festival western de Saint-Tite, en septembre 2016, que Saloon a été lancé. Comble de malchance, le soir de la première, un violent orage avait forcé l’équipe du Cirque Éloize à retirer quatre numéros du spectacle. «Il pleuvait sur la scène, se souvient Jeannot Painchaud. C’était vraiment une mauvaise soirée.»

Heureusement, cette péripétie malheureuse n’allait pas être annonciatrice de la suite des choses pour Saloon. Rapidement, le spectacle s’est promené à travers la planète, allant aux États-Unis, en Belgique, en France, en Suisse, en Hollande, en Allemagne, en Autriche et en Turquie.

Le grand manitou du Cirque Éloize, Jeannot Painchaud.
Photo Chantal Poirier
Le grand manitou du Cirque Éloize, Jeannot Painchaud.

«Ç’a explosé plus qu’on le pensait, reconnaît Jeannot Painchaud. Ç’a été un succès immédiat à sa sortie. Il y a une magie dans ce show-là. Dès que ça commence, le public est là. À la fin, c’est le délire.»

Sensibilité européenne

Après avoir abordé l’univers urbain avec ID, et le monde théâtral avec Cirkopolis, Jeannot Painchaud voulait revenir aux racines de l’Amérique avec Saloon.

«Ce spectacle parle de nos racines, de nos familles, des Îles, dit-il. On aborde le thème des débuts de l’Amérique. Mais je tenais à ce qu’il y ait une sensibilité et une poésie. C’est pour ça que je suis allé chercher un metteur en scène européen en Emmanuel Guillaume.»

Ce pari de mêler l’Amérique avec l’Europe s’est avéré payant pour le Cirque Éloize. «Il y a des sceptiques qui pensaient que le spectacle marcherait bien aux États-Unis, mais moins en Europe. Finalement, ça marche autant sinon plus en Europe, dit Jeannot Painchaud. Les Européens ont cette espèce de fascination pour l’Amérique. Ça reste un spectacle extrêmement rythmé avec beaucoup de signatures. Le public européen reconnaît le Cirque Éloize.»

Année 2018 charnière

L’an prochain, Jeannot Painchaud entrevoit de grandes choses pour le Cirque Éloize, qui fêtera alors son 25e anniversaire. «Je pense que ce sera la plus grosse année du Cirque Éloize à vie, dit-il. On va démarrer plusieurs ­projets en même temps, ce qu’on n’a jamais fait dans le passé. Il y aura d’ailleurs un nouveau show de tournée qui sortira à la fin de 2018. Ça s’annonce pour être une année charnière.»

Pour le futur, Jeannot Painchaud voit la compagnie continuer de ­grandir, «mais pas à tout prix», dit-il. «On a un plan, mais ce n’est pas le focus ­principal. Mon souhait le plus cher, c’est de prendre le temps, durant une dizaine d’années, pour qu’il y ait une relève et que le Cirque Éloize continue de voler de ses propres ailes.»

Et non, contrairement à Guy Laliberté, qui s’est départi de la majorité de ses parts du Cirque du Soleil, Jeannot Painchaud n’a aucunement l’intention de vendre le Cirque Éloize. «J’ai déjà reçu des offres, mais ça ne m’intéresse pas du tout.»

Le Cirque Éloize en chiffres

  • La compagnie fêtera son 25e anniversaire en 2018
  • Son nouveau spectacle, Saloon, est la 13e production de son histoire
  • Trois spectacles d’Éloize tournent simultanément dans le monde, en ce moment : Saloon, Cirkopoliset ID
  • Saloon a déjà été présenté dans huit pays et 23 villes. Pas moins de 180 représentations sont au ­calendrier pour la prochaine année.
  • ID est le plus gros succès de la ­compagnie. Il a été le premier ­spectacle d’Éloize à franchir le cap des 1000 représentations.
  • Le Cirque Éloize compte 30 employés permanents à son bureau de Montréal, à la Gare Dalhousie. La compagnie emploie une centaine de personnes en tout, avec ses trois troupes en tournée.