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Malchance pour le 13e album d’Indochine

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Difficile de cerner le principal exploit sur ce 13e album du groupe culte.

Indochine - 13

★★ ½

Photo courtoisie

Est-ce le fait qu’Indochine persiste et signe depuis 1981 (!) ou que, des décennies et un écueil au cours des années 90 plus tard, Nicolas Sirkis et sa bande demeurent pertinents dans le paysage musical français ? M’enfin, forte de son « retour » depuis le début des années 2000, la formation expérimente — ou s’essouffle momentanément, c’est comme vous voulez — avec 13.

Des montagnes russes et des paysages sonores

Son parcours en témoigne : Indochine est une machine à hits.

Or, ici, le quintette préfère triturer ses sonorités de prédilection plutôt que faire plaisir à l’industrie en repiquant, par exemple, la « recette » expliquant le succès de Black City Parade (2014), son offrande précédente. Grand bien lui fasse.

Ainsi, Indochine semble revisiter ses années « pop » ponctuées par Wax (1996) et Danceteria (1999) en plus de s’inspirer de la synthpop des premières heures (les nostalgiques de Speak & Spell de Depeche Mode, eux, vont apprécier) pour produire un album en montagnes russes.

Pour chaque Un été français (un bonbon pop particulièrement sarcastique lorsqu’on considère le climat actuel), Indochine s’embourbe avec des camouflets comme 2033, une mélodie simpliste accompagnant un texte qui — pour demeurer poli — est loin d’être le meilleur du livret déjà imposant de Sirkis.

On s’en doute, mais...

Tout ça pour dire que, pour les fans, 13 est une œuvre plus aventureuse que marquante. Pour les autres mélomanes, par contre, c’est un LP malheureusement inégal.

Pierre Kwenders - Makanda At The End Of Space The Beginning Of Time

★★★ ½

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À l’image du titre de son second disque, Pierre Kwenders propose tout un périple musical. Au programme : rumba congolaise, teintes aussi électros que spatiales, cuivres en masse et strophes autant en anglais qu’en français ainsi qu’en langues bantoues. Vous l’aurez compris, c’est une œuvre incroyablement chargée (encore plus que son premier album, un exploit en soi !) et qui demande plusieurs écoutes pour l’apprécier à sa juste valeur. Heureusement, c’est très agréable !

Mon Doux Saigneur - Mon Doux Saigneur

★★★

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L’auteur-compositeur-interprète folk Emerik St-Cyr Labbé y va d’un premier album pertinent pour son projet Mon Doux Saigneur. Œuvre marquée par la mort du paternel du principal intéressé, les paroles de St-Cyr transpirent l’urgence... d’où quelques rimes plus inspirées par le deuil que par une certaine poésie, disons. Si son interprétation peut entraîner des comparaisons avec celle de Fred Fortin, le bonhomme le distingue tout de même de la gent folk locale avec des fioritures post-rock quand même étonnantes.

The National - Sleep Well Beast

★★★★

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Et de sept pour le fameux combo rock de Brooklyn qui, pour l’occasion, tangue vers un « retour aux sources ». C’est-à-dire, revenir à ses prétentions de dandys ténébreux spleenesques et à fleur de peau. Bref, Matt Berninger et ses frères d’armes offrent ici un album sensible, certes, mais aussi aux mélodies plus musclées, rappelant au passage les beaux jours — et les aspirations post-punk — de Boxer sans faire dans la redite. Bien joué !

 

Coup de coeur

 

Laura Sauvage - The Beautiful

★★★ ½

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À peine un an après la bombe Extraordinormal, la Hay Babies Vivianne Roy dévoile The Beautiful, un second album étonnant pour son projet solo. Musicalement, l’artiste revient à la charge avec des mélodies rock plus peaufinées, flirtant avec des ambiances plus planantes (Hello, Hello, qui plaira aux fans de Mac DeMarco, vient en tête) et même des constructions plus « pop ». Seules constantes: la plume effilée de Roy — qui n’est pas sans rappeler celle de Courtney Barnett — et cette facture aussi abrasive que déglinguée qui contribue au charme de Laura Sauvage.