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Arrêtez cette folie, monsieur Couillard

Periode des questions
Photo Agence QMI, Simon Clark

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Ça n’a pas le moindre bon sens. Comment Philippe Couillard peut-il imaginer que la mise en accusation du peuple québécois pour discrimination systémique et racisme puisse se faire derrière des portes closes, à l’abri du regard des médias et du public ?

Des personnes « racisées » viendront raconter à huis clos aux représentants de la Commission sur la discrimination systémique comment le racisme constitue une infranchissable barrière à leur pleine participation à la vie québécoise. Tout pour faire baisser les tensions, quoi.

Vous n’êtes pas racisé ? Votre histoire intéresse peu la Commission, qui vous invitera à remplir un questionnaire ou à déposer un mémoire sur le web. Peut-on parler de racisme racisé ?

Je l’ignore, tout comme j’ignore si une décision discriminatoire peut servir à combattre la discrimination.

Les forces en présence

Le premier ministre, qui ne se gêne pas pour accuser ses adversaires de jeter de l’huile sur le feu du racisme et de souffler sur les braises de l’intolérance, allant même jusqu’à traiter Jean-François Lisée de « négationniste », la pire insulte du genre, vient de s’offrir un lance-flammes plaqué or.

Tenir ces audiences à huis clos ne peut être une bonne idée quand celle-ci est défendue par la présidente de Communication pour l’ouverture et le rapprochement (COR) et ex-candidate du NPD Samira Laouni.

On se rappellera que madame Laouni avait distribué des ouvrages religieux inspirés des écrits de l’ayatollah Khomeini lors d’une visite de « rapprochement » à Hérouxville et choisi comme chef de campagne l’auteur d’un poème qui traitait les Québécoises de putes, publié dans un journal montréalais pro-Hezbollah.

La présence d’islamistes parmi les groupes qui ont demandé cette commission abîme sa crédibilité. Comment ne pas y voir une façon d’instrumentaliser les tensions actuelles pour imposer leur programme communautariste ?

Au lieu de jouer avec le feu et de culpabiliser les Québécois qui n’ont pas de poigne sur les aspects systémiques déjà connus du racisme, pourquoi le premier ministre n’accélère-t-il pas l’embauche de minorités dans la fonction publique ? La loi d’accès à l’égalité en emploi existe pour cette raison. A-t-il besoin d’une commission pour savoir où ça bloque ?

Qu’attend-il pour forcer la main aux ordres professionnels au sujet de la reconnaissance des diplômes ? Pourquoi ne pas offrir des incitatifs fiscaux aux entreprises qui recrutent de nouveaux arrivants dans des domaines stratégiques ? Si le Québec accepte de subventionner le tiers des salaires d’employés au sein de multinationales du jeu vidéo, pourquoi ne pas investir pour accélérer l’intégration des immigrants sélectionnés ?

Pourquoi ne pas créer une version « secteur privé » de la loi d’accès à l’égalité en emploi ?

Cette consultation sera confiée à la présidente de la Commission des droits de la personne, Tamara Thermitus, en poste depuis février. Or La Presse révélait cette semaine qu’elle était déjà visée par trois plaintes pour ce qu’on pourrait appeler du harcèlement psychologique.

Porte de sortie

Après le fiasco Éric Tétreault, je m’explique mal l’inaction de Philippe Couillard.

À moins qu’il ne veuille se servir du cas Thermitus pour reporter la Commission sur la discrimination systémique et le racisme aux calendes grecques.

Mais j’ai l’impression qu’il ne va pas lâcher le morceau.