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Bâtir un pays avec des « I love you »

Tex Lecor
Photo d'archives Tex Lecor

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Tex Lecor, qui est décédé vendredi à l’âge de 84 ans, passera probablement à l’histoire pour ses insolences téléphoniques, ses magnifiques toiles (il avait un véritable talent de peintre) et son interprétation du Frigidaire, le célèbre succès de Georges Langford.

Mais ma chanson préférée de Tex demeure Pauvre jeunesse, un hymne décapant qui ferait vomir tous les adeptes de la rectitude politique.

UN BEAU GROS BATTE

Vous vous rappelez les paroles ?

« Pauvre jeunesse, tu t’es endormie / Avec ton ostie d’hasch et puis ta mari / Ton peace and love, moi, je l’ai au cul / Ton LSD, pis toi par-dessus !

« Pauvre jeunesse, tu t’es endormie / Avec ton ostie d’hasch et puis ta mari / Bâtir un pays, ça se fait debout / Pas avec des fleurs et des I love you... »

(Tapez « Pauvre Jeunesse Tex Lecor » sur YouTube et vous pourrez entendre cette chanson malheureusement oubliée...)

Alors que tout le monde était à genoux devant la jeunesse (on parle ici des années 70, à l’heure des ponchos en terre cuite, des fleurs au bout du fusil et des grands rendez-vous sur le mont Royal), Tex, lui, disait aux jeunes qu’il les trouvait mous, avachis, indolents.

Des révolutionnaires de pacotille qui préféraient fumer un gros batte plutôt que de se battre pour leurs idéaux.

On pense aussi à la toune de Charlebois : « Entre deux joints, tu pourrais faire quelque chose / Entre deux joints, tu pourrais t’grouiller l’cul... »

Vous imaginez, tenir de tels propos sur les jeunes, aujourd’hui ?

Les p’tits lapins qui ont grandi sans jamais se faire critiquer se rouleraient en boule dans un coin et porteraient plainte à la Commission des droits de la personne.

SE TENIR DEBOUT

Je trouve que la chanson de Tex, même si elle est très ancrée dans une époque précise, n’a pas pris une ride.

Elle demeure tout aussi pertinente.

Je ne veux pas mettre des paroles dans la bouche de Tex, mais voici ce que j’entends lorsque j’écoute cette chanson acidulée...

On ne bâtit pas un pays en méprisant sa culture et sa langue.

On ne bâtit pas un pays en passant son temps à s’autoflageller.

On ne bâtit pas un pays en demandant pardon d’exister.

On ne bâtit pas un pays en traitant de racistes et de xénophobes tous ceux qui osent défendre les valeurs qui leur tiennent à cœur.

Bref, on ne bâtit pas un pays en courbant l’échine, en chantant Kumbaya, en remplaçant des politiques nécessaires et courageuses par de bons sentiments, en ayant peur de son ombre et en pensant que tous ceux qui n’appuient pas l’ouverture tous azimuts souhaitent verrouiller les frontières à double tour.

BISOU, BISOU

Comme le disait Jacques Attali : « La politique, même la plus généreuse, n’est pas affaire de bons sentiments. »

Quel est le gros projet qui monopolise les énergies du Québec et du Canada, ces temps-ci ? La légalisation du pot.

C’est LA grosse politique de Justin Trudeau.

On va rouler, on va fumer et on va se donner des bisous.

Comme dirait Tex : « Pauvre jeunesse... Ton peace and love, moi, je l’ai au cul... »