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Rétrogradé en catégorie 2, l’ouragan Irma touche terre sur la côte ouest de la Floride: 3 morts

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Accompagné de violentes bourrasques, de fortes précipitations et de dangereuses inondations, l’oeil du gigantesque ouragan Irma a touché terre dimanche en Floride, poussant le président américain Donald Trump à déclarer l’état de catastrophe naturelle et annoncer sa visite prochaine.

C’est avec des vents de 185 km/h qu’Irma a touché terre à Marco Island, dans l’ouest de la Floride, à 14H35 . Alors classé en catégorie 3, sur une échelle de 5, il a ensuite été rétrogradé en catégorie 2, a indiqué le Centre américain des ouragans (NHC) à 17H00.

 

Soufflant désormais à 175 km/h, Irma se trouve à une dizaine de kilomètres au nord de la station balnéaire de Naples et se dirige vers le nord de la Floride, à une vitesse de 22 km/h. La dépression devrait rester un ouragan jusqu’à lundi matin.

 


CE QU'IL FAUT SAVOIR

► L'ouragan Irma a fait trois victimes en Floride et au moins 27 morts dans les Caraïbes

► Il a atteint dimanche après-midi la côte ouest de la Floride

► Irma a été rétrogradé en catégorie 2, mais demeure une dépression extrêmement dangereuse

► Irma a frappé de plein fouet l’île de Key West avec des vents de 215 km/h


Trois victimes

Rétrogradé en catégorie 2 dimanche après-midi, l’ouragan a fait ses premières victimes dans le sud et l’ouest de la Floride, où trois personnes ont été tuées dans des accidents de voiture visiblement provoqués par les vents puissants et les pluies intenses.

Une policière a été tuée dimanche dans une collision frontale près de la ville de Sarasota, sur la côte ouest de la Floride. L’autre conducteur a également été tué, a indiqué à l’AFP le shérif du comté de Hardey, Arnold Lanier. Un autre conducteur a  également été tué samedi près de Key West, sur l’archipel des Keys, le premier territoire de Floride frappé par Irma.

L’ouragan devrait rester une dépression extrêmement dangereuse dans les jours à venir, en particulier sur la côte ouest de la Floride, selon le Centre américain des ouragans (NHC).

«Une dangereuse marée de tempête est attendue immédiatement après le passage de l’oeil le long de la côte ouest de la Floride», met en garde le NHC. L’alliance entre ce phénomène et la marée traditionnelle «provoquera des inondations dans des zones qui sont d’ordinaire sèches près de la côte”, avertit le centre.

Trump déclare l'état de catastrophe naturelle

À peine rentré à la Maison Blanche après un week-end à Camp David, le président américain Donald Trump a déclaré en fin d'après-midi dimanche l’état de catastrophe naturelle pour la Floride, permettant ainsi de débloquer des moyens supplémentaires pour venir en aide à la péninsule balayée par l' ouragan.

Il a aussi annoncé qu’il se rendra «très vite» en Floride, pilonnée par le gigantesque ouragan Irma.

«J’espère qu’il n’y aura pas trop de gens sur son chemin (...) Nous avons essayé de mettre tout le monde en garde et pour la plupart ils sont partis», a lancé le président à son retour à la Maison-Blanche, après un week-end passé dans la résidence présidentielle de Camp David, où il s’est tenu informé de l’évolution de la situation en Floride.

Le président s’est félicité de la bonne coordination entre les divers services de secours fédéraux et les autorités locales. « Je me rends maintenant dans une réunion. Mais tout dépend de la coordination. Et je crois que nous sommes vraiment bien coordonnés, aussi bien qu’on peut l’être », a encore déclaré le président.   

Il a rendu un hommage appuyé aux gardes-côtes et à l’Agence de gestion des situations d’urgence, la Fema.

L'archipel des Keys touché de plein fouet

Le coeur de l’ouragan, où les vents et les précipitations sont les plus intenses, a frappé de plein de fouet l’archipel des Keys dimanche matin, et se déplace maintenant à la vitesse de 13km/h vers la côte ouest.

Avant de toucher terre en Floride, Irma avait déjà fait 27 morts dans les Caraïbes et d’énormes dégâts matériel.

Depuis sa fenêtre au deuxième étage d’un petit bâtiment de Key Haven, à la pointe de l’archipel, Maggie Howes, a décrit une tempête d’une violence inouïe: «les bateaux sont littéralement arrachés, les palmiers sont couchés sur le sol. Les lignes électriques sont en train de lâcher» a-t-elle témoigné par téléphone sur la chaîne CNN.

 

Cette secouriste ne peut pour l’instant qu’observer et attendre la fin du passage de l’ouragan. «Il est absolument impossible d’être dehors pour le moment. Personne ne peut se tenir debout dans les vents que je vois par la fenêtre», a-t-elle ajouté.

Les palmiers déracinés jonchaient les routes, des voiliers avaient rompu leurs amarres et étaient échoués sur la plage ou dans la mangrove.

 

Au bord de mer, les vagues poussées par l’ouragan de catégorie 4 avalaient peu à peu la terre et léchaient les maisons aux fenêtres et portes protégées par des plaques de bois.

Malgré les ordres d’évacuation obligatoires, de nombreux résidents semblent avoir choisi de rester sur cette une langue de terre très basse et particulièrement sensible aux inondations.

 

«Nous ne savons pas exactement combien de personnes sont restées dans les Keys. Les vents vont jusqu’à 215 km/h, la pluie entre 25 et 60 centimètres. C’est une zone très basse. Une marée de tempête jusqu’à 4,6 mètres. J’espère que tout le monde a écouté » les consignes, a dit le gouverneur de Floride Rick Scott sur la chaîne ABC.

Un conducteur a été tué samedi après-midi sur une route de l’archipel où les conditions météo étaient déjà difficiles. Son camion s’est écrasé contre un arbre, sans que les autorités puissent dire avec certitude si l’accident était directement lié à l’ouragan.

L’archipel des Keys avait déjà été aux trois quarts détruit par l’ouragan Donna il y a 57 ans jour pour jour, le 10 septembre 1960.

«Rester en vie»

Un sort similaire attend maintenant une bonne partie de la Floride. L’oeil de l’ouragan, qui a touché terre dimanche après-midi à Marco Island, se déplacera sur la côte ouest de la Floride où l’alerte est maximale.

Les agglomérations ressemblent depuis samedi à des villes fantômes.


VOICI À QUOI RESSEMBLAIENT LES RUES HIER D'UNE PETITE COMMUNAUTÉ EN BORD DE MER:

Une vidéo de notre collaboratrice Marie Poupart, qui se trouve actuellement en Floride.


Le long du rivage de la ville de Naples, des quartiers chics totalement évacués de leurs habitants étaient battus dimanche matin par des pluies diluviennes et les rues, complètement désertées, jonchées de palmes arrachées aux cocotiers.

Les marées de tempête de plus de 4 mètres, une montée brutale des eaux provoquée par la dépression, annoncées par le NHC, suffisent à recouvrir la hauteur d’une maison.

«Tout ce que nous voulons, c’est de rester sains et saufs», confiait Viviana Serra, interrogée en train de prier dans un refuge près de la ville de Naples, sur la côte ouest, avant l’arrivée de l’ouragan.


VOYEZ COMMENT UNE FAMILLE QUÉBÉCOISE INSTALLÉE EN FLORIDE S'EST PRÉPARÉE AU PASSAGE DE L'OURAGAN:

Des vidéos de notre collaboratrice Marie Poupart, qui se trouve actuellement en Floride.


Mais Irma est si gigantesque que la côte est de la Floride, en particulier Miami n’est pas épargnée. La ville est assaillie par des vents et une pluie très intenses. Les services de secours ont indiqué être dans l’incapacité de répondre aux appels d’urgence.

«Sur 41 appels reçus cette nuit nous n’avons pu répondre qu’à trois d’entre eux», a indiqué la ville de Miami sur son compte Twitter.

Les résidents de Floride doivent également craindre les tornades apportées par Irma. Plusieurs alertes ont été déclenchées, y compris pour la zone de Miami Beach.

Dimanche matin, plus d’un million de foyers et entreprises en Floride étaient privés d’électricité, selon la compagnie Florida Power and Light.

Une grue s'effondre

Une grue s’est effondrée sur un gratte-ciel en construction au centre-ville de Miami, dimanche matin, en raison des forts vents causés par l'ouragan Irma.

Photo AFP

 

Personne n'a été blessé dans l'incident, a affirmé Daniel Alfonso, responsable à la Ville de Miami. «Personne ne devrait se trouver autour de ces grues», a-t-il dit.

La semaine dernière, la Ville de Miami avait émis un avertissement concernant les grues. «Actuellement, il y a entre 20 et 25 grues de construction dans la ville de Miami, Ces grues en hauteur sont conçues pour résister à des vents allant jusqu’à 145 miles à l’heure (233 km/h), pas à un ouragan de catégorie 5.»

Les autorités ont ajouté dans leur avertissement qu’elles conseillaient aux gens de ne pas rester dans un immeuble à proximité d’une telle grue lors du passage d’un ouragan majeur comme Irma.

Évacuation

Des ordres d’évacuation d’une ampleur sans précédent, concernant 6,3 millions de personnes au total, ont été donnés avant l’arrivée d’Irma en Floride. C’était aussi le cas pour la base aérienne de MacDill, quartier général du commandement central américain au Moyen-Orient (Centcom), située à Tampa que l’ouragan devrait frôler ou frapper tôt lundi. À Orlando, le centre spatial Kennedy était fermé.

«C’est une tempête d’une énorme puissance destructrice, et je demande à tous ceux qui se trouvent sur le passage de la tempête de suivre TOUTES les consignes des responsables du gouvernement», a tweeté le président américain Donald Trump.

Dans les îles françaises de Saint-Martin et Saint-Barthélemy, épargnées par José, mais dévastées par Irma, une partie de la population ne cachait pas dimanche son exaspération face aux moyens jugés insuffisants mis en place par l’État français.

À Cuba, où l’ouragan est arrivé dans la nuit de vendredi à samedi, Irma a provoqué des inondations jusqu’à La Havane à Cuba et semé de nombreuses destructions dans le centre et l’est de l’île, mais sans décès recensé officiellement dans l’immédiat.

L'ouragan Irma a frappé durement Cuba.
Photo AFP
L'ouragan Irma a frappé durement Cuba.
L'ouragan Irma a frappé durement Cuba.
Photo AFP
L'ouragan Irma a frappé durement Cuba.
L'ouragan Irma a frappé durement Cuba.
Photo AFP
L'ouragan Irma a frappé durement Cuba.
L'ouragan Irma a frappé durement Cuba.
Photo AFP
L'ouragan Irma a frappé durement Cuba.

 

«Ne tirez pas sur Irma», la mise en garde des autorités

Impuissants et terrorisés, certains résidents de Floride ont suggéré de faire passer leur frustration en tirant en direction de l’ouragan Irma, suscitant des mises en garde très officielles des autorités.

«Pour être clair, NE TIREZ PAS sur Irma. Cela ne l’arrêtera pas et aura des conséquences dangereuses», a cru bon de préciser sur son compte Twitter le bureau du shérif du comté de Pasco, sur la côte ouest de la Floride. Les balles tirées en l’air peuvent être mortelles en retombant à terre.

L’idée n’était au départ qu’un canular potache lancé sur Facebook «dans un combinaison de stress et d’ennui» a expliqué son auteur, Ryon Edwards, à la BBC. La réponse des internautes en revanche «a été une surprise complète et totale» pour le jeune homme de 22 ans. 

Dimanche en fin de matinée, plus de 80 000 personnes s’étaient inscrites sur l’évènement Facebook sous la consigne: «Montrons à Irma que nous tirons les premiers», accompagnée d’une série d'émoticônes censée souligner le ton humoristique de cette publication.

Walt Disney World fermé

Le parc d’attractions de Disney à Orlando, en Floride, a été contraint de fermer ses portes. Depuis samedi et jusqu’à lundi, le célèbre parc thématique n’accepte plus de nouveaux visiteurs et a mis fin à ses activités normales. Seuls les hôtels du site demeurent opérationnels.

Le parc d’attractions a mis en place une série de mesures pour rembourser ou dédommager les détenteurs de billets donnant accès à différents événements.

Outre Disney, le parc thématique d’Universal World à Orlando a aussi fermé ses portes samedi. Plusieurs autres sites touristiques emblématiques de la Floride ont suivi le même exemple.

DU JAMAIS VU, SELON LE MÉTÉOROLOGUE GILLES BRIEN

L’ouragan Irma n’a pas d’équivalent dans l’histoire moderne de cet État des États-Unis. «Jamais un ouragan n’a connu une telle trajectoire, c’est-à-dire traverser la Floride du sud au nord», a expliqué le météorologue Gilles Brien.

 

Les dommages causés par ce «rouleau compresseur de 200 kilomètres de large» risquent d’être considérables. «Ce qui va se passer aujourd’hui sera probablement la catastrophe la plus coûteuse de l’histoire de l’Amérique», a estimé M. Brien.

«La Floride va prendre des mois pour s’en tirer et la végétation, aussi, va disparaître dans plusieurs régions», a-t-il ajouté.

Dans le sud-ouest de la Floride, ce sont des rafales atteignant jusqu’à 240 km/h qui sont attendues dans la journée de dimanche. Le tout sera accompagné de précipitations avoisinant les 400 mm.

Mais les vents et la pluie ne sont pas les seuls éléments destructeurs. «Si vous êtes dans le sud-ouest de la Floride, vous devez aussi craindre l’onde de tempête, c’est-à-dire un déferlement côtier qui va se produire dans les prochaines heures. On parle de vagues de cinq mètres», a expliqué le météorologue.

La tempête qui frappe la Floride n’a aucune commune mesure avec les vents violents que l’on a déjà pu connaître au Québec. «À Montréal, la rafale la plus puissante que l’on ait connue, ç’a été 160 km/h. Ç’a duré quelques secondes, en 1961, en hiver», a raconté le météorologue, en précisant que les vents les plus puissants enregistré dans la province atteignaient la vitesse de 80 km/h. «On est vraiment dans une ligue mineure», a-t-il ajouté.

«La journée va être terriblement longue, pas seulement pour la population des Keys, mais pour les gens de toute la Floride», a conclu Gilles Brien.

DÉVASTATION DANS LES CARAÏBES

L’ouragan Irma a dévasté auparavant plusieurs des Caraïbes, faisant au moins 25 morts: dix dans la partie française et deux dans la partie néerlandaise de Saint-Martin, quatre dans les îles Vierges américaines, six dans les Iles Vierges Britanniques et l’archipel d’Anguilla, deux à Porto-Rico, un à Barbuda.

À Saint-Martin.
Photo AFP
À Saint-Martin.
À Saint-Martin.
Photo AFP
À Saint-Martin.

 

Les îles ravagées de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ont vu avec soulagement un deuxième ouragan attendu, José (catégorie 4), passer samedi finalement plus loin que prévu.

Confusion, désarroi et tensions régnaient toutefois chez les habitants de Saint-Martin après le passage d’Irma. Un chaos profitant aux pilleurs, qui se sont rués dans les magasins pour emporter frigos ou téléviseurs.

Ailleurs dans les Caraïbes, les 1600 habitants de l’île de Barbuda, dévastée par Irma en milieu de semaine et également menacée par José, avaient été évacués vers Antigua.