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Surprendre

Jean-François Lisée
Photo Chantal Poirier Jean-François Lisée

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Jean-François Lisée a gagné son pari haut la main.

Avec un tel taux d’appui, l’idée de se soumettre à un vote de confiance auquel il aurait pu se soustraire s’avère judicieuse. Ce résultat, qui surprend même les plus optimistes des pronostiqueurs, ne permet à personne de prétendre que le Parti québécois n’est pas uni derrière son chef.

Un PQ endormi ?

Dans l’absolu, un vote de confiance signifie bien peu de choses. Lucien Bouchard a démissionné sept mois après un score de 91% en 2000 et Pauline Marois s’est retrouvée dans une crise aiguë de leadership six semaines après avoir obtenu un appui record de 93,08%.

Cela démontre néanmoins que le PQ se présente actuellement comme uni derrière son chef, prêt à recevoir ses ordres de marche électoraux. Ce que nous voyons, c’est une formation politique mature et disciplinée, à des années-lumière du parti désordonné et chicanier que l’on continue de vouloir percevoir.

D’aucuns voudront plutôt y reconnaître le fait d’un parti vieillissant, voire endormi, qui n’a plus assez de ressort ou de convictions pour tenir son chef en respect. Il y a du vrai dans tout ça, comme en témoignent plusieurs observateurs qui trouvent ce congrès ennuyeux.

Cela dit, comment peut-on blâmer ce parti polytraumatisé de souhaiter naviguer sur des eaux sereines, au moins jusqu’aux prochaines échéances ?

Le narratif

Que Lisée sorte indemne de l’exercice ne surprend pas. C’est la présence même à la tête du Parti québécois de l’ancien conseiller qui nous apparaît parfois encore étrange. Le vote d’aujourd’hui démontre que la greffe a bien pris au parti et que la dernière course est oubliée.

Avec ce score très élevé, inattendu en lui-même, Jean-François Lisée continue à implanter ce narratif de politicien qui sait toujours surprendre, en bien ou en mal.

Pour relever son parti d’ici les prochaines élections, il aura besoin de surprendre encore.