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Faible consommation d’alcool pendant la grossesse: les effets restent peu connus

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PARIS |  Il existe peu de données scientifiques pour établir quels sont les risques d’une faible consommation d’alcool pendant la grossesse, reconnaît une étude publiée mardi, qui estime toutefois que la recommandation «zéro alcool» doit prévaloir, par «principe de précaution».

«Nous avons trouvé peu d’éléments permettant de prouver un rôle de cause à effet d’une faible consommation d’alcool pendant la grossesse» pour la plupart des problèmes étudiés chez le foetus ou l’enfant à naître, explique l’équipe de chercheurs britanniques, qui a passé en revue 26 études sur le sujet.

Les chercheurs ont défini comme relevant d’une «faible consommation» l’ingestion de 32 grammes maximum d’alcool pur par semaine, soit quatre unités d’alcool par semaine telles que définies au Royaume-Uni (environ trois à quatre verres de vin).

Les dangers pour le foetus ou l’enfant à naître d’une consommation modérée ou forte d’alcool pendant la grossesse, même de façon ponctuelle, sont avérés: fausses couches, naissance prématurée, malformations, retards de croissance et de développement...

Mais on ne sait pas définir en deçà de quel seuil la consommation serait sans danger, ni même dire s’il en existe un, ce qui rend difficile l’élaboration de messages de prévention grand public et «crée de la confusion pour les professionnels de santé et les femmes enceintes», a dit à l’AFP Loubaba Mamluk, chercheuse en épidémiologie à l’université de Bristol et co-auteure de l’étude, publiée dans la revue britannique BMJ Open.

«Nous avons été surpris qu’il n’y ait pas plus de recherches sur ce sujet très important», a-t-elle ajouté.

Le Royaume-Uni a renforcé ses recommandations début 2016 et conseille désormais aux femmes enceintes de s’abstenir de toute boisson alcoolisée.

En France, le message des autorités sanitaires est également «Zéro alcool pendant la grossesse», comme le rappelle une nouvelle campagne lancée samedi, à l’occasion de la Journée mondiale de sensibilisation au syndrome d’alcoolisation foetale (SAF), la forme la plus grave de l’exposition prénatale à l’alcool.

Ce message est parfois accusé de véhiculer une forme d’infantilisation et de culpabilisation des femmes et qui considèrent qu’il vaudrait mieux leur exposer l’état des connaissances tel qu’il est.

Mais l’absence de preuve en l’état actuel de la recherche ne signifie pas qu’il soit démontré qu’une faible consommation d’alcool est sans danger, disent les auteurs de l’étude. Aussi, le message de prévention doit rester «mieux vaut prévenir que guérir», concluent-ils.