/sports/others
Navigation

Maîtres des sommets d’Europe

Marianne Hogan et Mathieu Blanchard s’illustrent à la course TransAlpine

Marianne Hogan et Mathieu Blanchard ont été couronnés dans la catégorie mixte, au terme de la TransAlpine Run.
Photo courtoisie transalpine goretex run Marianne Hogan et Mathieu Blanchard ont été couronnés dans la catégorie mixte, au terme de la TransAlpine Run.

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir parcouru 270 kilomètres sur les montagnes de quatre pays européens, les mollets et les cuisses en feu, lessivés autant physiquement que mentalement, Marianne Hogan et Mathieu Blanchard ont levé leur poing au ciel à Sulden, en Italie, samedi soir.

La Québécoise et le Montréalais d’adoption ont conquis l’une des courses en montagnes les plus prestigieuses au monde : la TransAlpine Run. Une course de fond et d’endurance de sept jours à travers les Alpes, les faisant souvent grimper à plus de 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Non seulement ont-ils franchi le fil d’arrivée sain et sauf, ils ont été couronnés les maîtres de la catégorie mixte grâce à un temps final de 32 heures et 46 min et une avance de 75 minutes sur les Britanniques. Un exploit rarissime pour des Canadiens dans cette discipline alors que 12 Canadiens étaient inscrits.

« Je ne sais pas à quoi je pensais quand j’ai franchi la ligne d’arrivée. J’étais à bout. J’avais du mal à réaliser ce que j’avais accompli avec Marianne, lâche Mathieu au bout du fil lorsque joint par Le Journal de Montréal deux jours après leur victoire. Nous avons grimpé et descendu des montagnes dans toutes les conditions possibles durant sept jours. Nous sommes très chanceux d’avoir rallié l’arrivée sans blessure. C’était un énorme sentiment de joie et un exploit extraordinaire.

« Les Canadiens, nous sommes considérées comme des outsiders en Europe, ajoute celui qui était enfin au repos auprès de sa famille à Avignon. Nous n’avons pas les hautes montagnes, des dénivelés de 2000 mètres et les mêmes conditions atmosphériques pour nous entraîner. C’est agréable de passer devant. Certains d’entre eux étaient surpris. Dans leurs encouragements, il y avait aussi de petits messages pour dire qu’ils ne se laisseraient pas faire aussi facilement sur leur terrain. »

Marianne et Mathieu ont commencé sur les chapeaux de roues en se forgeant une confortable avance dès les deux premières étapes sur les sept que comptait la compétition. Avec la fatigue accumulée au fil de la semaine et leur stratégie agressive, ils ont toutefois vu les Britanniques se rapprocher dans les dernières étapes.

« C’est une course en mode plein gaz. Ça va vite. On creuse dans les réserves d’énergie et dans la force musculaire. Selon les degrés d’ascension, c’est une marche rythmée, mais dans les descentes et sur le plat, c’est en courant. Il ne fallait pas que la compétition soit plus longue, parce qu’ils (les Britanniques) nous auraient rattrapés. La gestion de l’énergie n’a pas été facile. »

Réveil éprouvant

C’est qu’une course d’endurance comme la TransAlpine demande une source de motivation quasi inépuisable. Chaque matin, le lever du corps endolori est éprouvant.

« Le réveil sonne tôt et tu ne veux pas te lever, raconte Mathieu à propos du grand défi quotidien. Il faut trouver l’énergie pour continuer malgré les douleurs. Il faut se donner ce coup de pied nécessaire et trouver l’énergie positive. Dès que tu commences à broyer du noir, il y a un effet boule de neige. Ton cerveau dit à tes jambes d’arrêter. »

Paysages époustouflants

Au fil des 270 km, les représentants de l’équipe Salomon d’Amérique du Nord ont vu des paysages à couper le souffle dans les Alpes. Ils ont aussi traversé des passages qui ont accéléré leur rythme cardiaque en leur faisant vivre des sensations fortes.

« Lors de la dernière étape, nous sommes montés au sommet d’une montagne en Italie. Nous étions au-dessus d’une épaisse couche de brouillard et au-delà de la limite des arbres, relate Mathieu à propos de son passage dans le massif de l’Ortles situé dans le Trentin-Haut-Adige. Dans le sentier rocailleux lors de l’ascension, nous avions l’impression d’être sur la lune. Nous n’avions plus aucun repère laissant croire qu’on était sur Terre. C’était impressionnant.

« Et quand il faisait soleil dans les montagnes, nous avions une vue à 360 degrés, ajoute l’athlète de 29 ans. Le paysage était magnifique. Nous avons vécu toutes sortes de sensations. »

Cette aventure lui a permis de constater à quel point le corps humain est performant. À travers cette leçon d’endurance, il a aussi découvert les profonds sentiments d’un travail d’équipe réussi. Sur les hauts sommets d’Europe, l’entraide et l’empathie sont essentielles.