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Bonjour! High!

Bonjour! High!
Ottawa Citizen

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Difficile de se faire à l’idée que des fonctionnaires vendent de la drogue. De nouveaux fonctionnaires, évidemment, car les régiments incarnant l’État le plus vorace qui soit sont naturellement débordés.

Du monastère des Ressources naturelles au presbytère d’Emploi-Québec en passant par l’aquarium de la Culture partout la même frénésie, l'effervescence fébrile, le même frétillement à partir de 10h...

On devra donc embaucher des préposés au pot. Des conseillers au voyage intersidéral. Des agents de conversation addictive. Des experts de la gazéification cérébrale.

L’avenir n’appartient plus au tireur de joint, mais à celles-zé-ceux qui feront planer la chouette clientèle qui, une fois désemparée, en redemandera, encore et encore...

Les statisticiens finiront par tenir compte des zombies dans les simulations démographiques...

Bonjour! High!
Photo d'archivesl, Baptiste Zapirain

À la Société «nationale» de la marijuana, le service public, gracieusement syndiqué, mènera à une autre dimension... On remplacera la devise démodée Je me souviens par le slogan J’ai mon voyage...

-      Bonjour, High! La poffe, c’est pour quelle occasion?

-      Bien, c’est pour la Fête des Mères...

-      Ah! Nos braves mères. Ne méritent-elles pas le plus beau voyage...

-      Euh oui, mais maman n’a jamais fumé...

-      En spécial, on a du Yamachiche Gold. Un produit local. Votre mère sera ailleurs en un clin d’oeil!

-      C’est au gramme?

-      On le vend aussi roulé. Du préroulé si on veut. C’est pratique quand t’es gelé. Le papier, vous savez, quand on sent plus ses doigts...

-      Euh...

-      Vingt joints, 100 $. Taxes en sus, évidemment...

-      C’est cher...

-      Ah, mais faut payer les salaires, les pensions, les congés de maladie accumulés...

 

On rigole, mais cette idée folle n’a rien de drôle. Elle sera imposée par Trudeau, le Pot Head en chef, qui, moyennant soumission, sert la péréquation à la louche...

À Québec, c’est d’ailleurs presque silence radio. Sans doute la politesse... ou la peur de l’inconnu. Même les nationalistes ne disent pas grand-chose.

Pourtant, la légalisation de la marijuana aura des effets certains, assurément bénéfiques, sur l’unité canadienne.

Bonjour! High!
Photo d'archives, Simon Clark

Les noceurs congénitaux, les bambocheurs de naissance, les jouisseurs invétérés, on en trouve en masse au Québec.

Ça explique le nombre de maires, de parades et de festivals.  On souligne depuis des lustres ce trait de caractère, ce désir irrépressible de célébrer, cette insouciance qui nous distingue de Medecine Hat.

Les données pancanadiennes relatives aux congés de maladie montrent qu’on flanche le plus souvent dans la Belle province. Le vendredi précédent la Fête du travail. Idem à l’Action de Grâces... Ou quand le Jour du souvenir tombe un jeudi...

C’est dans la Belle province qu’on tire au flanc le plus naturellement. Lionel Groulx s’en désolait il y a cent ans. Même Lisée l’a admis par écrit : nous sommes plus enclin à la fête qu’au travail...

Pauvres, ignorants et à gauche. Ça fait chic de lutter sans effort contre la richesse, y a qu'à attendre le signal du conseil central...

Bel héritage de la latinité, legs du vieux pays où les «fainéants» sont pointés du doigt par Macron, le pupille des Rothschild.

Pour l’unité canadienne, il n’y aura donc pas mieux qu’une société portée sur le party, gazéifiée du matin au soir, courant après les civières pour allonger noctambules, douchebags et psychopathes mis K.O. par eux-mêmes.

Les détraquements serviront à merveille le statu quo transcanadien. La société distincte roulée en boule dans son pergélisol festif, aliénée dans la rigolade, consentant à sa propre détresse...

Les forces vives neutralisées, la méthode de calcul de la péréquation pourra être revue et corrigée en toute quiétude.

Bonjour! High!
Photo d'archives

Politiquement, les fiers pets, les forts en gueule et les patriotes en culottes courtes ne seront plus que des castrats. Les eunuques de la confédération qui chanteront l’Ô Canada en riant pour rien...

Comme l’écrivait Réjean Ducharme pour Charlebois, l'Histoire leur fera un beau Bebye... Bebye..., Bebye... Adios amigos! Sayonara champions! Adieu téteux! 

Viendra ensuite l’interminable nuit au cours de laquelle ils rejoindront les Acadiens et les Cajuns à l’échouerie des nations...