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Ci-gît notre sens des proportions!

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Les réseaux d’information continue me font penser aux urubus qui survolent ma campagne tout l’été en quête d’une bête tuée par une auto ou attaquée par plus gros et plus fort qu’elle. Ces grands oiseaux de proie, qu’on peut apercevoir partout au Québec, s’acharnent sur une carcasse jusqu’à ce qu’ils en trouvent une autre plus juteuse et plus appétissante.

Depuis qu’Irma a dévasté l’île de Saint-Martin, dans les Caraïbes, il n’y en a plus que pour elle sur tous les réseaux d’information continue, en particulier à LCN et RDI, que j’ai suivis une partie du week-end.

Du coup, plus un mot de l’affolante crise de quelques milliers d’Haïtiens foulant à pied notre frontière à Saint-Bernard-de-Lacolle ! Occulté aussi l’exode de 275 000 Rohingyas passant en deux semaines du Myanmar au Bangladesh. Même sans Irma, aurait-on parlé d’eux ? Les Rohingyas, who cares !

LES QUÉBÉCOIS ABANDONNÉS

Un peu plus on oubliait de mentionner le tremblement de terre au Mexique. À peine 100 morts jusqu’ici. Pas de quoi s’émouvoir alors que quelques centaines de Québécois, en vacances dans les Caraïbes, poussent les hauts cris, les gouvernements n’ayant pas sur-le-champ dépêché des avions pour les rapatrier.

Sur RDI, leur mésaventure alimente le débat, l’affaire devient politique. Le fédéral est-il négligent ? Québec fait-il le nécessaire ? Les lignes aériennes dorment-elles au gaz ? Ni mort ni blessé parmi les Canadiens, mais la crise prend des proportions. Elle excite les commentateurs, elle indigne les familles. Pour ne pas « casser le party », personne n’insiste sur le fait que tout ce qui vole à Saint-Martin et aux îles Turquoises, ce sont les pillards !

Imaginez, on a même passé sous silence l’entraînement des recrues du Tricolore. C’est vous dire à quel point Irma a fait perdre la tête aux patrons de nos réseaux d’information continue. J’espère qu’ils se ressaisiront à temps pour le début du camp d’entraînement, jeudi.

LES MÊMES IMAGES

Pendant ce temps, toujours les mêmes images qui reviennent en boucle, celles qu’on a vues il y a deux ou trois jours et qu’on revoit encore comme si Irma faisait des allers et retours. Le seul côté positif de cette abondante couverture d’Irma est de nous avoir épargné le rappel de la tragédie du World Trade Center, dont c’était hier le 16e anniversaire.

L’incessante logorrhée des réseaux d’information continue à chaque catastrophe naturelle ou pas et le flux d’images de dévastation dont on l’accompagne finit par anesthésier notre sensibilité et notre capacité d’émotion. Comme une nouvelle chasse l’autre, quelle que soit son importance, nous perdons graduellement tout sens des proportions.

Comme le clame le dicton populaire : « Trop, c’est comme pas assez ! »

LA RADIO D’AUTOMNE

Si l’émission matinale de Paul Arcand ne perd pas trop de plumes cet hiver, l’animateur pourra en remercier l’ennuyeux Alain Gravel. Heureusement que ce dernier est entouré d’une excellente équipe. On peut même voir leur binette durant la dernière heure de l’émission, diffusée en direct sur Facebook depuis ce matin. Catherine Perrin, qui suit, paraît moins intéressante depuis le passage de Stéphan Bureau à Medium large.

À Puisqu’il faut se lever, Bernard Drainville ne fera pas oublier Jean Lapierre. Avec ses topos qui vont dans toutes les directions,

Josée Blanchette ne fait pas oublier non plus les interventions concises et claires de la Dre Christiane Laberge.

TÉLÉPENSÉE DU JOUR

Faut-il voir un signe dans le fait que l’ouragan le plus violent depuis des décennies porte un nom de femme ?