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Des enfants ne peuvent jouer dans la rue

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Une citoyenne de Repentigny est outrée que des enfants qui jouaient au soccer dans la rue aient dû cesser de jouer parce que les policiers ont reçu une plainte de quelqu’un sur sa rue.

«Mon chum et moi on se disait justement: «Cool! Des jeunes qui s'amusent dehors au lieu de jouer à l'ordinateur!» Et bien, un policier ayant reçu une plainte de quelqu'un sur la rue leur a demandé de jouer ailleurs... il semble que s'il y a une autre plainte ils auront une contravention! C'est franchement triste», a raconté Nathalie Bouchard.

À Repentigny, un règlement municipal interdit de pratiquer un sport dans la rue. Les policiers n’ont donc pas le choix d’intervenir lorsqu’ils reçoivent une plainte. Le Code de la Sécurité routière interdit aussi d’entraver la circulation.

Selon Marlène Girard, directrice des communications de la ville, «ce serait impossible de permettre le jeu libre dans la rue, car on ne pourrait pas faire d'exception pour certaines rues. Il faut appliquer la réglementation uniformément dans toutes les rues.»

Pourtant, depuis l'adoption, en juin dernier, du projet de loi 122, les municipalités ont désormais le pouvoir d'autoriser le jeu libre dans leurs rues, à condition d'adopter une réglementation respectant certaines balises.

Belœil a été la première ville à adopter un projet pilote en ce sens en 2016. Depuis que les municipalités ont plus d'autonomie grâce au projet de loi 122, les villes de Sorel-Tracy, Sainte-Julie, Stoneham et Québec ont entre autres emboîté le pas.

«Il n'y a eu aucun accident depuis l'adoption du projet. On est très satisfait de la démarche. Les retombées sont très positives, entre autres au niveau du bon voisinage», explique Caroline Nguyen-Minh, directrice des communications de la ville de Belœil.

Le projet, d'abord fondé sur l'acceptabilité sociale implique que 2/3 des résidents des rues résidentielles choisies pour le jeu libre soient en accord. Des pancartes sont installées à chaque bout de rue et la surveillance parentale est requise. Le jeu libre est permis entre 7h et 21h. Des mesures somme toute plutôt simples.

«Les municipalités qui hésitent à adopter un règlement en ce sens craignent que ce soit compliqué où que ça coûte cher, pourtant des pancartes ça ne coûte pas cher. Une fois mis en place, ça se fait tout seul, car tout vient du citoyen, » dit Caroline Nguyen-Minh.

Celle-ci propose d'aider toute municipalité désireuse d'adopter une réglementation permettant le jeu dans la rue. «On a créé une trousse virtuelle permettant de reproduire le projet tel quel, on permet même l'utilisation du logo!»