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Justin : la fin de la lune de miel?

CANADA-DIPLOMACY-JORDAN
photo d’archives

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« Lorsqu’un gouvernement parle pour ne rien dire, il nuit à son prestige et à sa considération, et il se fait juger sévèrement par le peuple qui l’écoute », a déjà écrit Émile de Girardin.

Si ce journaliste français n’avait pas vécu au 19e siècle, j’aurais pensé qu’il parlait du gouvernement Trudeau.

LE RAMAGE ET LE PLUMAGE

Car il parle bien, notre beau Justin, il ferait pleurer une roche avec ses envolées oratoires sur la compassion et la générosité, mais quand vient le temps d’agir, le paon se transforme en moineau.

« C’est facile de bien paraître lorsque tout va bien. C’est lorsque ça va mal qu’on sait ce qu’un individu a dans le ventre », dit l’adage populaire.

Pour les Canadiens qui étaient coincés dans les Caraïbes ces derniers jours, les choses allaient mal.

Et qu’est-ce que Justin a fait pour leur venir en aide ?

Pas grand-chose. Ça lui a pris trois jours avant de décider d’envoyer un avion militaire...

C’était son premier grand test de leadership et notre PM l’a coulé spectaculairement.

Quand c’est le temps d’inviter les miséreux du monde entier à traverser mers et mondes pour s’installer chez nous, Justin n’a pas son pareil.

Il sait trouver le mot juste, la phra­se qui frappe. Mais lorsqu’il s’agit d’aider non pas des futurs détenteurs d’un passeport canadien, mais des citoyens en bonne et due forme qui votent et paient des impôts, soudainement, le PM quitte la scène pour prendre son Bovril.

PAS D’ANGE DANS SON CAHIER

Serait-ce la fin de la lune de miel avec notre beau Justin ?

Car c’est bien beau, le joli minois et les grands sourires, mais après 22 mois passés à le contempler en soupirant, on est prêt à passer à l’étape suivante.

« Justin Trudeau est peut-être une figure intéressante sur la scène internationale, surtout lorsqu’on le compare à certains populistes actuellement en poste, mais vivre dans un pays dirigé par une célébrité médiatique n’est pas aussi plaisant que certains peuvent le croire », a écrit un commentateur politique dans le Toronto Sun.

Tu parles...

Comme carte de visite, Justin Trudeau mérite 10 sur 10. Mais comme leader, son bulletin est loin d’être impressionnant.

D’abord, il y avait son séjour sur l’île de son ami l’Aga Khan. Puis les armes vendues à l’Arabie saoudite, son incapacité à libérer Raïf Badawi, les 10 millions de dollars versés à Omar Khadr, la dette, qu’il creuse avec frénésie.

Et le dossier de la légalisation du pot, qu’il lance dans la cour des provinces en leur disant : « Débrouillez-vous comme vous le voulez, l’important c’est que ce soit prêt le 1er juillet 2018. »

Ajoutez à ça sa piètre performance au cours des derniers jours (et l’invitation qu’il a lancée aux migrants du monde entier en utilisant la carte de crédit des provinces) et vous vous retrouvez avec un maigre bilan.

UN AMOUR DE JEUNESSE

Qui sait, si notre PM continue de la sorte, même ses admirateurs étrangers vont commencer à se poser des questions...

Ils vont regarder Justin comme une fille de 20 ans regarde les gars de One Direction, en se demandant comment elle a pu triper sur eux...