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La mesquinerie décomplexée

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Récemment, on a appris qu’Alexan­dre Coderre, le fils de Denis Coderre, a plaidé coupable à une tentative de fraude de plus de 16 000 dollars, en plus d’avoir menti aux policiers. On a compris, aussi, qu’il avait un sérieux problème de cyberdépendance.

Devant un tel événement, un cœur pas trop empoisonné ne pouvait que plaindre son père, qui doit être plus que désolé de la mauvaise pente prise par son fils, d’autant que ce dernier lui a fait croire au début qu’il était la victime.

Coderre

On devine le désarroi de sa famille, qui se demande ce qui a mal tourné chez son fils. Spontanément, on aura de bonnes pensées pour elle, n’est-ce pas ?

Mais c’est sans compter avec la libération des sentiments les plus abjects sur la place publique, rendue possible par les réseaux sociaux.

Dès que la nouvelle a été publiée, on a vu, sur Facebook et sur Twitter, des individus se déchaîner sans gêne contre la famille Coderre.

Parce qu’ils n’aiment pas le père, ils attaquent le fils. En fait, ils attaquent le fils pour viser le père.

On canarde la famille en se disant mentalement que les puissants ne méritent aucune retenue et que leurs drames peuvent être retournés contre eux.

On a pu lire des commentaires d’une odieuse sauvagerie.

On a l’impression, dans un cas comme celui-là, que les exigences élémentaires de la décence viennent de tomber.

Est-ce que tout, mais vraiment tout, doit être politisé ? Est-ce qu’on ne devrait pas, dans une situation comme celle-là, se garder une petite gêne ?

Décence

Il ne s’agit pas ici de chanter la politique du maire Coderre, mais simplement de se rappeler que nos politiciens ont aussi une vie personnelle et qu’on ne saurait transformer leurs malheurs privés en armes publiques.

Comment peut-on accepter que l’espace public se transforme en mare boueuse où tout est permis ?