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Le Canadien part vers l’inconnu

Malgré le départ d’Andreï Markov, Marc Bergevin estime que le Canadien sera meilleur en défense cette saison.
Photo d’archives, martin chevalier Malgré le départ d’Andreï Markov, Marc Bergevin estime que le Canadien sera meilleur en défense cette saison.

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Après l’affaire Therrien-Pacioret­ty l’an dernier, aucun scandale n’est venu perturber le tournoi de golf du Canadien cette année. Le beau temps était au rendez-vous hier, mais on ne sentait pas un enthousiasme délirant.

Les inconditionnels du Tricolore diront que ce sont encore les journalistes qui voient tout en noir. Or, à ce stade, les dirigeants de l’équipe se posent les mêmes questions que les représentants des médias et que tout amateur objectif.

Jonathan Drouin sera-t-il capable d’assumer le rôle de joueur de centre numéro un?

Alex Galchenyuk deviendra-t-il enfin un joueur dominant?

Qui remplacera Andreï Markov et Alexander Radulov?

Marché tranquille

Ces questions tout à fait à propos sèment l’incertitude à l’approche de la nouvelle saison. Le Canadien a beau avoir encore la rondelette somme de 8,4 millions $ dans son budget salarial, il y a très peu de joueurs talentueux disponibles sur le marché en ce moment.

Le mariage entre Matt Duchene et l’Avalanche du Colorado semble terminé, mais Joe Sakic demande la lune pour son joueur de centre. Si l’ancien joueur de centre étoile recherche un bon défenseur de premier plan et des espoirs de qualité, comme le disent les rumeurs, il est trop tard pour le Canadien.

P.K. Subban et Mikhaïl Sergachev sont partis.

Échanger Galchenyuk contre Duchene rimerait à quoi, par ailleurs?

Le jeu de Galchenyuk fait peut-être damner ses entraîneurs, mais il ne représente pas un problème dans le vestiaire. Il semble que ce ne soit pas le cas de Duchene. On le dit égocentrique.

Plusieurs voient John Tavares dans leur soupe, mais dites-vous bien que s’il décidait de quitter les Islanders, il aurait tout intérêt à marchander sa valeur sur le marché des joueurs autonomes l’an prochain.

Il aurait l’embarras du choix.

Défense supérieure? Vraiment?

Mais parlons de choses concrètes.

La déclaration de la journée d’hier appartient à Marc Bergevin. Le direc­teur général du Canadien estime que son personnel de défenseurs est supérieur à celui de l’an dernier. S’il ne peut dire le contraire, cette affirmation sonne quand même drôle aux oreilles.

Nathan Beaulieu, Alexeï Emelin et Markov ne répondaient peut-être plus aux attentes, mais outre Karl Alzner, qui de David Schlemko, Brendon Davidson, Jakub Jerabek, Mark Streit, Matt Taormina et Joe Morrow est supérieur à Markov, Emelin et Beaulieu?

Y a-t-il quelqu’un dans le groupe de défenseurs qui peut assumer le jeu de transition comme Markov le faisait?

Quand j’ai posé la question à Bergevin, il a offert la réponse donnée par son entraîneur Claude Julien plus tôt durant l’été.

«Ça va se faire en comité», a-t-il répondu.

Ce n’est pas rassurant.

L’héritage de Markov

Le nouveau venu Karl Alzner a eu pour sa part un commentaire savoureux lorsqu’on lui a demandé s’il pouvait effectuer le même travail que Markov.

«Si les gens s’attendent à ce que je le remplace, il faudra que je marque entre 15 et 20 buts», a-t-il dit.

Les chiffres disent que Markov a connu six saisons de 10 buts ou plus, son sommet étant de 16, mais c’est surtout au chapitre des points qu’il a excellé. Il a donné neuf saisons de 35 points ou plus au Canadien. Son total de 572 points le met sur un pied d’égalité avec Guy Lapointe au deuxième rang parmi les défenseurs de l’histoire de l’équipe.

Alzner n’a jamais marqué plus de cinq buts et récolté plus de 29 points en une saison au cours de ses neuf années avec les Capitals de Washington.

Si Jerabek succédait à Markov, on parlerait d’une grande trouvaille. Si c’est Streit, ce serait fort inquiétant, vu son âge.

Du côté des attaquants, le jeune Charles Hudon était au nombre des joueurs qui se sont mesurés au magnifique parcours du club Laval-sur-le-Lac. C’est une preuve qu’il aura toute la chance du monde de se faire valoir au camp d’entraînement, comme l’a dit Julien au repêchage qui s’est tenu en juin à Chicago.

Habituellement, seuls les joueurs réguliers sont invités à la journée de golf. S’il ne la saisit pas, il n’aura que lui-même à blâmer.

L’hésitation de Price

Il fallait voir la réaction de Carey Price lorsque Jeremy Filosa, du 98,5 FM, lui a demandé si le Canadien était plus près de la coupe Stanley qu’il y a quatre ou cinq ans.

Le gardien a esquissé un sourire avant de dire que toutes les équipes ont une chance de remporter les grands honneurs à ce moment-ci.

«Si je n’avais pas espoir, je ne serais pas ici devant vous en ce moment, a-t-il ajouté.

«On ne sait jamais ce qui peut se passer dans le cours d’une saison.»

Hésitant ou pas, cela n’a pas empêché Price de sauter sur la prolongation de contrat de huit ans que le Canadien lui a soumise au cours de l’été, laquelle entrera en vigueur l’an prochain.

Quant à ses chances de gagner la coupe Stanley un jour avec le Tricolore, il lui faudra être mieux entouré et être supérieur à ce qu’il nous a montré en séries depuis le début de sa carrière.

Ça fait beaucoup.

Sveltes comme jamais

À propos, Price et Max Pacioretty sont plus minces que jamais, résultat d’un régime dépourvu de tout gluten. Dans le cas de Price, ce n’est pas qu’il accusait un surplus de poids au cours des dernières années, mais la transformation est visible.

On est loin du jeune homme qui avait disputé une saison à 245 livres à ses premières années à Montréal. Il avait abaissé son poids à 215 livres l’année suivante, poids qu’il avait maintenu au fil des années.

Alex Galchenyuk arbore, quant à lui, une coupe de cheveux en brosse, mais le nouveau look du jour appartient à Tomas Plekanec. Tête pratiquement toute rasée sur les côtés et une couche de cheveux sur le couvre-chef.

Ça surprend un peu dans son cas.

L’histoire ne dit pas s’il laissera tomber son fameux col roulé.