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Le gros camion de Simon

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J’ai un petit garçon d’un an et demi. Oui, je sais, il est un sujet récurent de mes chroniques, mais que voulez-vous, je suis pas mal fier de mon petit bonhomme. Il m’apporte de l’amour, de la joie et surtout, une grande carence en sommeil, mais ça, c’est un contrat que j’ai accepté de signer. Ressentir de l’amour inconditionnel pour quelqu’un qui lui, en échange, me fait pousser des cernes dignes de la faille de San Andreas.

Victor découvre la vie. Il fait beaucoup d’essais et d'erreurs, qui se concrétisent souvent comme étant plus des erreurs qu’autre chose, mais la vie est ainsi faite. À force de se cogner la tête, on finit par comprendre que c’est plus facile de marcher quand on regarde vers l’avant. Un conseil sage, qu’on a souvent, même rendu à l’âge adulte, tendance à oublier.

Parmi toutes ses découvertes et révélations, parmi tout ses jouets et bolides de toutes sortes, une chose revient tous les jours. Une chose qui obsède mon garçon plus que Donald Trump est omnubilé par sa propre image.

Le livre ironiquement intitulé «Le gros Camion de Simon» Un petit livre cartonné qui relate les intrigues de Simon, qui doit conduire un gros camion «à l’autre bout du pays dans un entrepôt à des centaines de kilomètres d’ici».

Une intrigue de dix pages, soigneusement ficelée, qui vous laissera sur le bout de votre siège pour la durée entière du récit. Et que dire du punch final?! Il est, comment dire.... Inexistant.

Que ce soit le semaine avant la garderie, la fin de semaine avant la visite de papi et de mamie. Jour de pluie ou jour de soleil, la seule chose qui revient, c’est «Le gros camion de Simon». Mon fils ne s’en lasse pas. Tous les jours, il va le prendre dans la bibliothèque, qui est pourtant remplie avec des dizaines d’autres livres, mais non , il persiste et signe, il veut que je lui raconte, encore et encore et encore, l’histoire de Simon et de son gros camion.

Je ne vous mentirez pas, j’en ai un peu mon truck du gros camion de Simon (Oui, le jeu de mot est délibéré). Parfois, le soir quand mon fils est au lit, j’ai envie d’aller creuser un grand trou dans ma cour arrière pour y enterrer «Le gros camion de Simon» et que plus tard, dans des dizaines d’années, de jeunes parents découvrent ce livre maudit un peu comme dans Jumanji.

Mais je ne le fais pas. Mon fils l’aime tellement, je ne pourrais pas lui faire ça. Au travers toutes ses questions, ses peurs et ses doutes, il a trouvé un petit oasis de paix. Un petit livre qui l’appaise et qui le rend heureux à tout coup.

En fait, peut-être qu’au fond je suis jaloux. En tant qu’adulte, il m’en faut souvent beaucoup pour être émerveillé. Ça me demande souvent du temps, de l’argent et de

l’énergie. Alors que mon fils, lui, dix petites pages suffisent pour créer ce même sentiment.

Alors tant aussi longtemps qu’il le voudra, je vais m’asseoir avec mon garçon et lui rappeler que «Simon est très heureux de conduire un si beau camion».