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La valse des entraîneurs continue

Les Alouettes limogent Jacques Chapdelaine et Noel Thorpe

Jacques Chapdelaine a remporté sept de ses 17 matchs à la barre des Alouettes.
Photo d’archives, Ben Pelosse Jacques Chapdelaine a remporté sept de ses 17 matchs à la barre des Alouettes.

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Six changements d’entraîneur depuis 2012, huit depuis Don Matthews en 2006. Les portes du bureau de l’entraîneur-chef des Alouettes ressemblent décidément aux portes battantes d’un bar western. À une exception près, ils y rentrent et y sortent en un temps record.

Comme ses prédécesseurs Tom Higgins et Dan Hawkins, le règne de Jacques Chapdelaine n’aura duré qu’un an. Mercredi matin, sur le coup de 6 h 15, le directeur général, Kavis Reed, lui a montré la sortie. Celui-ci avait mûri sa décision après quelques semaines de réflexion et après avoir reçu l’accord de ses patrons, Patrick Boivin et Andrew Wetenhall.

La veille, le copropriétaire Wetenhall avait émis un avertissement lors du tournoi de golf annuel sur les allées du club St-Raphaël. Quatre lamentables défaites de suite et une fiche de trois victoires et huit revers depuis le début de la saison l’avaient mis à bout de patience. Il tenait tant les joueurs que les entraîneurs responsables des déboires sur le terrain.

Moins de 18 heures plus tard, la direction a remercié Chapdelaine et son adjoint Noel Thorpe. Un troisième congédiement depuis la campagne 2013 dans une organisation aussi instable que les plaques tectoniques en Californie. Certains prétendent que les relations étaient tendues entre Reed et l’entraîneur-chef doté d’un fort caractère. Reed a quant à lui affirmé avoir entretenu de saines relations avec celui qu’il avait assuré dans ses fonctions à la mi-décembre 2016.

À ses 17 matchs à la barre des Moineaux, il a mené sa troupe à sept victoires. Cette saison, celle-ci a inscrit plus de 20 points à quatre reprises. Avec une moyenne de 20,1 points marqués par match, l’attaque pointe au huitième rang de la LCF. La brigade défensive, bien que flattée avec surprise par le directeur général mercredi, figure au 6e échelon avec 304 points accordés.

Pas de raisons

Dans son point de presse qui était aussi échevelé que la direction de l’organisation, Reed a refusé d’entrer dans les détails. Devant la porte grillagée cadenassée menant au terrain situé au pied du mât du Stade olympique, sur une petite bute de gravier, il a esquivé les vraies questions en milieu de matinée.

« Je ne vais pas énumérer les raisons de ce congédiement. Si je réponds aux questions, cela en entraînera d’autres. Je ne veux pas entrer dans les détails de cette décision, a-t-il martelé. C’est notre vision. Il faut s’assurer de bâtir une franchise qui connaîtra du succès dès maintenant et dans le futur.

« Il n’y a jamais de bon moment pour effectuer un tel changement, mais c’est le meilleur moment, selon nous, a-t-il enchaîné. Il fallait s’assurer que cette décision soit conséquente à la direction de cette organisation. »

« C’est une surprise. Je ne m’attendais pas à ça, a réagi le centre québécois Luc Brodeur-Jourdain après un entraînement de deux heures sous le chaud soleil. Celui-ci est dans l’alignement des Moineaux depuis 2009. Il a donc vécu son lot de congédiements.

« Je comprends que nous avons vécu des insuccès dans les deux facettes de jeu, en attaque et en défense. Je comprends que nous avons une fiche de 3-8, mais je considère qu’on avait une équipe unie et que le lien de confiance envers notre entraîneur était encore bon. C’est la décision de l’organisation et nous allons dans une nouvelle direction.

« Les commentaires de notre propriétaire au tournoi de golf hier [mardi] étaient assez clairs, a-t-il aussi estimé. On ne peut pas avoir de stabilité dans l’échec. C’est dans ces moments qu’on procède à des changements. Le message était fort et puissant. Nous constatons le résultat. »

Reed par intérim

Reed descendra donc sur les lignes de côté en assurant par intérim les guides de la formation montréalaise. Il sera épaulé par Anthony Calvillo, qui appellera les jeux à l’attaque et par Greg Quick, qui gérera la ligne défensive.

Le jour de la marmotte ? « Je veux que ce soit bien clair. Ce n’est pas un sentiment de déjà-vu. Ce n’est pas moi qui a décidé de revenir sur les lignes de côté, a clarifié Reed, qui a dirigé les Eskimos d’Edmonton de 2011 à 2013. Il avait alors conservé une fiche de 22 victoires et 32 défaites.

« Quand la décision a été acceptée par la haute direction, c’était clair que j’allais assumer le poste par intérim, a-t-il ajouté. Il y aura un nouvel entraîneur, peu importe ce qui se produira. Cet entraîneur ne sera pas moi. »

Si Chapdelaine et Thorpe ont sauté, Reed ne s’est toutefois pas dit inquiet pour son poste. Il espère nommer le prochain entraîneur.


♦ Reed a confirmé que le fils de Chapdelaine, Justin, conserve son poste d’entraîneur des receveurs. À moins que celui-ci en décide autrement. Aujourd’hui est une autre journée.

 

Les entraîneurs depuis 15 ans

  • Don Matthews (2002-2006)
  • Jim Popp (2006-2007)
  • Marc Trestman (2008-2012)
  • Dan Hawkins (2013)
  • Jim Popp (2013)
  • Tom Higgins (2014-2015)
  • Jim Popp (2015-2016)
  • Jacques Chapdelaine (2016-2017)
  • Kavis Reed (2017)